05242013Headline:

Une société à vouloir ou à aimer ?

Chronique, Sur les réflexions cléricales autour des élections.

A lire les uns et les autres, à regarder certains, ou à parcourir d’aucuns, j’avais comme un doute. La méfiance du client face au fourgueur d’un opérateur télécom alternatif, l’inquiétude sourde du bœuf dans l’entrée de l’abattoir.

J’ai jamais trop aimé, en fait, les yaka faukon. Les quand-on-veut-on-peut, les machins à la sauce volonté, qui sentent le micro-onde de la pensée dévitalisée.

Comme chrétien – toujours en travaux comme des baraques grecques -, j’avoue n’être motivé que par cette révélation stupéfiante, celle de l’intime de Dieu. Ce truc atomique qui, quand on l’éclate à 300 000 kms/seconde, vous sort des quarks d’amour et d’eau cristalline, et qui vous remonte le moral comme un thermomètre plongé dans une cocotte minute. Le machin inexplicable qui a fait se lever Jésus le Crucifié, rouler un caillou devant un trou près de Jérusalem un matin de pas loin de Pessah 33, et qui est mon évidence, la grâce de ma vie.

Car c’est bien cela mon fondement, ce flash évident à mes yeux, ces binocles de la foi :

« Il est essentiel de voir d’abord l’inépuisable puissance du Père dans la force de son auto-donation, c’est-à-dire de son amour, et non pas, disons, dans la capacité, qui serait la sienne, de faire arbitrairement ceci ou cela.« 

Hans Urs von Balthasar, Credo, Nouvelle Cité, 1992.

Ainsi, le fond de l’être n’est pas frais, il est chaud grave de l’amour trinitaire protéiforme, qui part dans tous les sens – et surtout les pas trop prévus -, et surtout pas un code de notaire de province, puant la poussière et le glauque.

Ainsi, quand les col-romanés – que j’aime bien là n’est pas la question – me pondent un texte joyeux comme la liste des courses d’un chômeur en fin de droit, rappelant pompeusement le choix de société et toussa et comment que je dois voter mon gars avec ma conscience et tout le toutim, j’avoue rester un zeste froid et préférer discuter le bout de gras d’amour de Jésus avec mes potes convertis des impôts. Parce que, sérieux, j’ai pas l’intuition non plus qu’il y ait un choix terriblement compliqué en matière de vote pour protéger l’essentiel – à moins de tripotage perso de nos pontes mais je dois gamberger sans doute -.

Ainsi, il me paraît plus lourd de rappeler que le catho est homme ou femme  du don Trinitaire et in-love with God-Trinity plus qu’un soldat de Sa Volonté -encore moins de nos arbitraires délires -, des gaziers vivants de la Trinité plus que d’un codex mathusalem. Des born-again jubilant et libres plus que des fonctionnaires obéissants, austères et laborieusement scribouillards.

Une société à aimer, née du don de Dieu, plus qu’un plan à subir.

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