Le carême est ce temps extrêmement spécifique d’une vie où la vie quotidienne et la vie spirituelle se réunissent plus intimement en renouvelant la banalité de tous les jours. Quarante jours où j’ai vécu ce rapprochement, et vu le monde de manière renouvelée. Mon récit de Carême.
Le jeûne, une expérience en chair. J’ai respecté les jeûnes du mercredi des cendres, des vendredis de Carême et respecterai celui du vendredi saint. C’est ma chair qui ressent les restrictions imposées au corps biologique et à mon quotidien : la faim, l’envie exacerbée, le changement d’habitude, la concentration sur la lecture spirituelle, les textes du jour, l’aménagement de temps de prière plus fréquents et plus longs. Et s’il s’avère dur de tenir ces engagements pris envers moi-même, joue alors l’imitatio christi : le Christ n’a pas triché lorsqu’il s’agissait de vivre quarante jours au désert. Et parce que tout mon être est ainsi mis en demeure par le carême, je me rappelle que c’est moi tout entier (corps et âme) qui est mis en demeure de devenir divin. Une mise-en-demeure, voilà comment je ressens le Carême : un moment d’urgence, où il est plus que nécessaire de devenir saint (demeure du Saint-Esprit), au milieu et malgré les difficultés de la vie – qui ne disparaissent pas.
Une conversion du quotidien. Serait-ce à dire que grâce à ces divers jeûnes de carême que je suis plus attentif à percevoir les signes divins qui se manifestent dans ma vie ? Oui, sûrement. Parce que le corps est mobilisé, l’âme se mobilise aussi, et se concentre sur l’essentiel, parmi, en-deçà et au-delà du flux permanent de «choses» et d’informations qui traversent le monde, me rendant plus attentif à la source divine qui nous porte vers la Passion et le matin Pâques. Par cette attention renouvelée, et ces efforts redoublés, il se passe toujours des choses extraordinaires pendant le temps de carême. Les choses habituelles se renouvellent en un motif d’étonnement. En fait, il y a une transformation de l’ordinaire en extraordinaire, du banal en imprévu, du quotidien en exceptionnel. La «frontière» entre le divin et le spirituel s’affine, les «différences» s’estompent et une harmonie profonde se fait jour, peu à peu, entre le monde, Dieu et… moi.
Le mal en perspective de la Croix. Malgré tout les difficultés de la vie demeurent : mais elles aussi prennent sens, et deviennent presque, elles aussi, harmonieuses, parce qu’elles sont mises en perspective avec la Passion du Christ sur la Croix. Tout devient un motif d’imitation du Christ, et tout événement ennuyeux, lourd, triste est mis en relation avec sa souffrance sur la Croix. Le mal que je subis m’apparaît en contraposition assez minable… Et surtout il prend sens : il se dirige vers la souffrance ultime, qui à la fois relativise la mienne, et dirige la mienne vers une explication ultime (mais encore incompréhensible). La proximité temporelle, dans le cycle liturgique, avec la Passion aide à cela. En christianisme, le temps compte. Donc les quarante jours de Carême aussi, puisqu’ils nous rapprochent du dénouement…
Le quotidien divinisé par les divers efforts de concentration (prière, jeûne, lecture) ; les difficultés de la vie vécues en perspective de la Croix du Christ, voilà mon CArême. Pendant cette période, je vis comme un autre homme, rien ne change en apparence, mais tout change dans mon être : il est plus que jamais tendu vers Dieu, qui l’accueillera comme il est. Certitude de foi.
À retrouver sur le site du Jour du Seigneur..



I’m impressed by your experience. I’ve just made somethink like that yesterday, when I was stand by the Holly Christus’s Body. Amazing. Yes, the thinks are more clear and the divin plan for enable is more understanded. In the same time the difficults are in contrary so little ! Arent’they ???!! I only hope it will be stand up and like that until the resurection !
Thanks a lot for your blog.
With plaisure to read you fast every day !
Coleen