05212013Headline:

Survol du Service National des Vocations

On sourirait s’il s’agissait d’un site d’humour ou d’un répertoire des perles novlangues et autres politiquement correctes. Hélas, il s’agit du Service National des Vocations ! Le site de celui-ci constitue finalement un excellent résumé de certaines errances ecclésiales… Survolons les rapidement.

- Un service anonyme : qui gère ce service ? personne apparemment… J’avoue, avec un zeste de mauvaise foi (que je reconnais), soupçonner encore la plaie de l’Eglise, une nasse de  divorcés-remariés à vif, complétée de quelque équipe de loosers professionnels, d’incompétents missionnaires, de parents d’enfants ayant tout largué malgré une « éducation sans faille », tellement incapables de rayonner eux-mêmes qu’ils en épanchent leur incompétence dans un service administro-étatico-eclésio rigide.

- La vocation : au primordial accueil de Dieu, à la déconstruction du vieil homme et à la reconstruction du Christ en soi, on préfère d’abord la volonté propre :  « Qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? Quel sens je veux lui donner ? Suis-je attentif aux appels de l’Eglise pour y prendre ma part de la mission, à ma manière propre ? » : la vocation choisie comme une voie d’affirmation de soi ; on frise la philosophie de bistrot, l’accomplissement de sportif, de l’existentialisme solitaire, le degré zéro de l’envolée spirituelle.

- Être chrétien : passant l’examen du baptême et de la confirmation (des Sacrements, point inexistant dans les pages « prêtres »), on rentre dans le club des amis de Jésus pour être des frères de tous… On est quand même prêtre, prophète et roi (raccord avec l’histoire quand même, il faut être crédible), mais horizontaux uniquement.

- Des chiffres ! Même si le Salut n’est pas affaire de chiffres, nous sommes redevables des autres. Et là, pas de comptes à rendre, pas de constat sur la décadence lente et régulière du nombre des prêtres. Reste, par contraste, ce terrible mensonge à soi-même qui refuse notre incapacité à faire sans Dieu -sans prière – d’abord, cette posture marxo-nietzschéenne de l’homme debout tout seul… Bref, refus de voir l’étonnant échec de l’évangélisation à la mode officielle CEF.

- Où est la résurrection ??? « Sans la résurrection du Christ notre foi est vaine« . Dans le service des vocations, on se retrouve avec un Dieu vague, à peine incarné, tout juste attentif, à peine humain, est-Il vivant ? Sauf erreur, nulle mention du Tombeau vide, point de départ de tout…

- Le plus terrifiant demeure la définition du prêtre (lire en totalité) : le prêtre devient un collaborateur de l’évêque, vague animateur social, délégué ou président d’assemblée, à la mode comité de quartier, partageant un pain dont on ne sait pas très bien ce que c’est finalement :

Ferments d’unité, ils [les prêtres] invitent les chrétiens à s’accueillir dans la différence et à construire des communautés riches de leur diversité. Ils sont les « ministres » de la communion fraternelle. A la manière du Christ Bon Pasteur, et en son Nom, les prêtres rassemblent la communauté chrétienne pour la nourrir de la Parole de Dieu transmise par les apôtres et du Pain de vie (Eucharistie) et pour l’envoyer vivre et annoncer l’Evangile.

Je pourrais prolonger mon tir de Panzer – avec toute l’injustice de l’artillerie -, en notant par exemple que j’ai dû plonger très loin pour trouver une trace de l’Amour de Dieu et de la Trinité (et encore, pour justifier notre propre charité, non comme source de tout être !). De ce dernier constat, je tirerais la conclusion que la déshumanisation profonde, prétextée par l’application de Vatican II dans un charabia socialo-rigoriste, colle parfaitement avec la mise au pinacle du terrifiant Jacques Delors par le Cardinal Vingt-Trois. Austérité des crétins coincés, zombies mortifères d’un jansénisme protestant… A conforter ma théorie du complot satanique, jeu de bonnes volontés plus ou moins consciemment aux mains du Prince du Mensonge…

Mais, finalement, je note que le site est en réfection, et j’espère que les sacrifices d’une vieille sœur missionnaire offrant amoureusement son agonie douloureuse à l’Eglise de France nous apportera la clémence de Dieu.

A nos chapelets et à nos sourires pour nos prêtres !

© Jean Dùma, pour Itinerarium

PS : raboulez quand même de la fraîche, il en faut pour nourrir les salariés de la CEF !

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8 Responses to "Survol du Service National des Vocations"

  1. Vivien Hoch dit :

    Décidemment l’esprit jmjesque d’aumonerie avec petits gateaux, bonbons et franche rigolade entre pote commence à deveir la marque de fabrique de l’Eglise de France. Ce n’est surement pas le bon moyen (ou l’unique moyen) de remotiver les âmes dans leur chemin vers Dieu (l’itinerarium mentis ad deum).

    Merci Jean Dumas de nous avoir éclairé ce point, révélateur d’un disfonctionnement de communication de notre cher CEF…

  2. Luc dit :

    Merci pour votre article sur l’étonnant monde des services des vocations qui pourtant, beaucoup l’espèrent, conservent une grâce d’état.

    Dans notre diocèse, celui de la Réunion, voyez en quels termes les chrétiens s’adressent aux pratiquant d’autres religieux:
    « La Fraternité est idéal républicain. Elle est aussi une valeur partagée à la fois par les traditions religieuses et les ordres philosophiques. Elle peut, si nous le voulons, devenir l’idéal commun à toute la population réunionnaise sans distinction aucune. »
    (http://www.diocese-reunion.org/spip.php?article265)
    ce site est très intéressant pour savoir que loin de l’hexagone, l’identité chrétienne est également d’un flou terriblement pathétique.

    Certains essaient de ramer dans le bon sens pourtant. Mais ils essaient.

    PS nous n’avons plus qu’un séminariste, et un diacre ordonné en vue du presbytérat, une cinquantaine de prêtres diocésains pour 800 000 habitants

    Luc

  3. Luc dit :

    J’aurais mieux fait de relire avant de poster…

    Il s’agit bien du groupe de dialogue inter religieux que l’on peut croire comme étant du diocèse mais son président qui s’exprime sur le site du diocèse, est musulman…

    effectivement…

    En tout cas le site vaut le détour

  4. Nathalie dit :

    Copié-collé du pipotron

  5. Lulu dit :

    L’auteur pourrait-il nous dire la nature de sa blessure pour justifier tant de mépris ? Il lui est demandé d’aimer l’Eglise, de l’aider, de l’encourager, de l’accompagner. Son canardage ne fait pas de bien. C’est une litote.

  6. Luc dit :

    à Lulu,

    Quand vous n’avez plus de prêtres et quand vous connaissez des séminaristes qui quittent, à qui on enseigne l’être socio-cultuel du prêtre plutôt que l’autre Christ qu’il devient, quand vous connaissez des formateurs qui méprisent ouvertement la doctrine de l’Eglise, quand vous connaissez des évêques comme Mgr Piat qui laisse se répandre dans leur diocèse ‘la méditation chrétienne de Laurence Freeman’, quand vous connaissez la souffrance des prêtres fidèles à la tradition et au Magistère face à leur confrère ou à leur évêque, alors oui vous comprenez la blessure de M.Dumas. Mais le mépris est à chercher chez les pasteurs qui laissent les services des vocations devenir ce que décrit M. Dumas. Les propos de M. Dumas sont un cri bien plus respectable que le mépris que cache le religieusement correct de trop de pasteurs et de laïcs en situation pastorale.
    Le pire est que leur mépris s’accompagne du refus couard d’affronter la part de responsabilité qu’ils ont dans le trop peu de fruits qu’ils portent.

    Demain, regardez le sang et l’eau. Eux seuls nous uniront malgré nos blessures et votre incompréhension de qui manifeste le plus dangereux des mépris.

    Luc

  7. Jean Dùma dit :

    @lulu sur l’ »intime blessure » :
    Evangile selon Marc (chap 15) : « Alors Jésus, étant monté à Jérusalem, fut empli d’une sainte colère à la vue des marchands du Temple. Mais, pris d’un remord, il se sentit coupable d’une intime blessure. Il s’en fut chez Sigmund Pilate, cousin de Ponce, psycho-psychanalyste spécialiste des prophètes et autres séminaristes, et souvent consulté par les responsables de vocations diocésains. Lorsque 40 séances furent passées, Jésus était guéri d’un truc pas clair avec son Père, source de son intime blessure.
    Il stoppa son activité douteuse, ouvrit un boutique de souvenirs en mémoire de son cousin Jean-Baptiste avec des livres de respect et de tolérance. Il aide le kibboutz du coin, fait des trucs gentils exprimant sa compassion, et blogue occasionnellement sous pseudonyme. » End of the story.

    Sinon, en père de famille et employeur, il m’arrive de jouer du fouet pour mieux exprimer ma charité et mon exigence. Fouet de mot, s’entend bien, les châtiments corporels étant interdits par l’UE. C’est bien parce que la charité dépasse tout que l’on peut exiger beaucoup et dire vrai.

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