Principal thème explicite de la Présidentielle: « que pensez-vous de cette campagne? »
Mardi matin les courb
es des sondages Sarkozy /Hollande se croisent et mardi soir elles reviennent avec un écart plus grand.
On pourrait penser que les sondages accompagnent le débat présidentiel et scandent une compétition démocratique pour dégager le plus apte et le « mieux disant ». En réalité les sondages sont les seuls événements de la campagne, sont la campagne elle-même !
Ne parlons pas des 500 signatures comme la préselection par un panel d’anonymes que l’on forceraient à ne pas l’être, pour les 7 d’or de la télévision, focalisons un instant sur les sondages et leur sens politique. Leur importance en tant que seul fait politique pour l’élection 2012 est telle qu’Eva Joly va refuser une émission télévisée de 2h30 et de grande écoute pour ne pas être victime du comique de répétition : « Alors, Mme Choly, que pensez-vous de vos 3% ? » (3%, c’est le taux de poison utile pour nous protéger des Verts à titre de mithridatisation). Sarkozy s’est lancé un défi comme à la foire à Neu-neu : « Venez voir, je vais tordre la courbe des sondages et en inverser le cours« . Hollande sagement pontifie : « Voyez comme je gère en père de famille raisonnable le capital des voix sondées, et cela me qualifie pour la popote des vacances au camping du front popu« . Buisson rêve tout haut : « Hollande fera moins que Royal ! » (c’est vrai mais c’était aux primaires de 2007… tu radotes Buisson).
Si bien que le seul thème médiatique surclassant tous les autres devient : « Et vous, que pensez-vous de cette campagne ? » C’est d’ailleurs ce qui tendrait à expliquer la péripétie d’hier de l’avance de Sarkozy : il cherche à ce qu’on juge sa campagne, et non son bilan et ses nouvelles promesses. Songeant à sa réélection, Sarkozy devrait méditer la phrase de Clémenceau : « En politique, on succède à des imbéciles, et on est remplacé par des incapables« . Bref, il n’y a pas de campagne ! Pour une raison humaine d’abord : aucun n’a la dimension présidentielle suffisante : Hollande bien sûr et sa nullité mesure en unités négatives la terrible déception du pouvoir sarkozyste ; Sarkozy qui est un politicien extrêmement habile dans son milieu, méconnaît complètement les moeurs françaises et est démonétisé par son opportunisme de bonimenteur. D’ailleurs je ne pense pas à la différence de lui-même qu’il est fini. Au contraire pour se parfaire il a besoin d’une cure d’opposition (c’est là qu’il est le meilleur) et fera un président potable en 2017 (Buisson devrait finir par s’en rendre compte).
Mais la signification de tout cela est politique, bien sûr : la réalité de l’UMPS : blanc bonnet et bonnet blanc, vert chou et chou vert, Sarkozy et Hollande : tout cela n’est que du blanc-manger bruxellois bien indigeste aux nations. La politique est la forme atténuée et raffinée de la guerre d’usure. On veut nous imposer une Europe des marchés, mondialisée remplaçant les peuples et les nations par des populations de consommateurs zombifiés. Mais que demandent les peuples a minima ? De ne pas être opprimés ! Or non seulement Bruxelles plonge l’Europe dans la misère et les classes moyennes dans le déclassement paupérisé, mais elle met en place les conditions d’un grand malheur.
Le « système » auto-proclamé « résillent » disparaîtra non par le chômage de masse (la zombification interdit et rend inutile le retour des régimes totalitaires), non par les crises des marchés et de la dette (l’armada formidable des experts médiatiques préposés à l’enfumage s’entraîne déjà depuis trente ans à faire prendre des vessies pour des lanternes et l’austérité pour des réformes d’avenir), non par la catastrophe nucléaire où les survivants ne seront plus en état de s’organiser, mais, j’en suis certain, par la pédophilie et l’insécurité alimentaire : « les peuples » en effet ont pris la vieille habitude de l’exploitation mais ils n’acceptent pas, au moins en Europe encore teintée de christianisme, qu’on empoisonne leurs enfants et et qu’on en fasse des sex-toys.
Daniel Depaix, pour Itinerarium


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