05202013Headline:

« Stigmatisation » : le détournement gauchiste d’un mot chrétien

« Stigmatisation »… ou l’histoire d’un détournement sémantique nauséabond. Utilisé à tort et à travers, pour n’importe quelle occasion, et toujours pour avancer la même pensée unique, cela ne doit pas faire oublier l’étymologie chrétienne du mot. Du grec « stigmate » qui veut dire point, piquer. Les stigmates sont avant tout ceux du Christ, et les stigmatisés sont avant tout ceux qui participent des souffrances du Christ.

Le stigmatisé est celui qui est uni à un tout. Il n’est justement pas celui qui est mis à l’écart. C’est tout un domaine de partage et de participation qui est visé par ce terme, et non pas un domaine de séparation et de mise à l’écart. Être stigmatisé, c’est être derechef un participant charnel d’une affection spirituelle qui relie à quelqu’un – le Christ – et à un ensemble – l’Eglise. Le stigmatisé est réuni plutôt que désuni, rendu participant charnel à un ensemble plutôt que celui qui est mis à l’écart de l’ensemble. Les stigmates le font ressembler à celui qui rassemble. Bref, c’est un champ sémantique tout autre qui se dégage du terme « stigmatisé » en son origine.

Du mystique au médiatique. Entre l’origine mystique du terme, et son usage massif et abusif par les médias, il y a également la différence du nombre : alors que l’Église catholique n’a reconnu que trois stigmatisés (Padre Pio, François d’Assise et Catherine de Sienne), les journalistes en reconnaissent des masses entières. Enfin toujours les mêmes masses. Celles qui sont plutôt issues des colonies, ou qui ont plutôt une telle religion. Ne vous attendez pas à entendre dire un jour dans les colonnes bienpensantes de la presse que les chrétiens sont stigmatisés. Alors que le mot est éminemment chrétien !

Saint François d’Assise recevant les stigmates

Qui stigmatise qui ? Des masses stigmatisent d’autres masses. À tel point que l’on retrouve l’idée originelle de participation, à l’envers de l’idée de séparation et de mise à l’écart, à des catégories déterminées – les « stigmatiseurs » et les « stigmatisés ». La séparation, la vraie séparation, qu’induit ce terme de stigmate, est belle et bien là, et elle est volontairement sociologique. Elle sert à séparer idéologiquement des populations, et à en désigner les victimes – les passifs « stigmatisés » – et les actifs « stigmatiseurs ». En ce sens, celui qui n’est pas stigmatisé sera implicitement stigmatiseur, puisqu’il n’y a que ces deux catégories opératoires. Il n’existe pas encore de moyen-terme, un individu mi-stigmatisé, mi-stigmatiseur. Gageons toutefois qu’il est stigmatisant pour les non-stigmatisés d’êtres ainsi stigmatisés comme stigmatisateurs.

Nous laissera-t-on encore longtemps berner par les soit-disant intellectuels gauchistes qui idéologisent et déchristianisent jusqu’à la langue française elle-même ?

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5 Responses to "« Stigmatisation » : le détournement gauchiste d’un mot chrétien"

  1. Gandulf dit :

    Merci pour cet article qui rappelle l’essentiel sur la signification des stigmates. Cependant, n’est-il pas vrai que recevoir les stigmates c’est au sens spirituel même être séparé du monde ? Quitter le profane pour entrer avec son corps même dans le sacré et être associer physiquement à la Passion du Christ?
    Il me semble que le Padre Pio avait conscience de cela et qu’il devait cacher ses stigmates. Je ne sais pas ce qu’il en était de Sainte Catherine et de Saint François.
    Le concept gauchiste du stigmatisé (au sens quasiment du supplicié) me semble donc bien sémantiquement dérivé de la définition chrétienne de celui qui est associé dans sa chair au Crucifié. Il s’agit donc bien d’une impositure mais qui a sa propre logique (détournement sémantique).

  2. Vivien Hoch dit :

    « recevoir les stigmates c’est au sens spirituel même être séparé du monde ? »

    C’est une vraie question qui engage le statut théologique que l’on accorde au « monde » et au « corps mystique du Christ ». Ainsi que l’option philosophique choisie entre la « participation » et la « rupture » monde/ciel.

    En bon thomiste, je me pencherait plutôt sur la thèse du cardinal Journet dans son fameux « Eglise du Verbe incarné ». Le Christ est intentionnellement présent dans le monde, aussi participer de lui c’est participer pleinement de l’Eglise terrestre. Donc d’y être encore plus présent, plus uni, plus attaché. De fait, c’est celui qui n’est pas attaché au Christ qui n’est pas pleinement au monde.

  3. Abbé Pagès dit :

    Loué soit Jésus ressuscité !

    Je ne suis pas si sûr que l’on puisse considérer comme suffisant de reconnaître au stigmatisé d’être « uni à un tout » et de n’être originellement pas « mis à l’écart », puisque s’il est vrai que le stigmatisé est relié plus que quiconque au Christ et par Lui à l’Eglise, il est non moins vrai qu’il est bien « désuni », « mis à l’écart de l’ensemble ». En effet, si ses « stigmates le font ressembler à celui qui rassemble », elles ne le font pas moins ressembler à Celui qui divise (Lc 12.51): les stigmates font du stigmatisé un crucifié pour le monde et du monde un crucifié pour lui (Ga 6.14), en sorte que l’abîme qui les sépare est total et définitif.

    Par ailleurs, il me semble que l’Eglise a reconnu plus que trois stigmatisés, par exemples : Ste Gemma Galgani, Bse Catherine Emercich…

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