Notre site partenaire Le Rouge et le Noir nous propose un article sur la fin de l’athéisme et les trois libéralisme, à partir du dernier livre de Philippe Nemo : La belle mort de l’athéisme moderne, P.U.F., 2012. Extraits :
Devant le spectacle de nos sociétés déchristianisées, on pourrait penser que l’athéisme a encore de beaux jours devant lui. Eh bien Philippe Nemo fait le pari inverse ! Dans un bref essai d’une centaine de pages, l’un des meilleurs spécialistes français de F.A. Hayek montre que l’athéisme est moribond, voire mort. Si tel est le cas, dit-il, c’est parce que ce dernier « n’a pas tenu ses promesses et n’a pas établi que l’homme est moins misérable sans Dieu qu’avec Dieu. »
Pourquoi lesdites promesses n’ont-elles pas été tenues ? L’explication est simple : tous les programmes intellectuels qui s’étaient donné pour tâche de détruire le christianisme se sont épuisés. Qu’il s’agisse du positivisme, du scientisme, de la libre-pensée ou encore d’une certaine exégèse historico-critique ayant pour ambition de discréditer la Révélation chrétienne, tous se sont effondrés à la suite des démentis du réel ou faute de consistance propre. Cet implacable constat corrobore celui que nous faisons tous dans la vie courante : à l’hostilité de principe au christianisme ont succédé l’indifférence et l’ignorance. L’athéisme militant s’est effacé… Il importe maintenant de remplir ce vide.
(…)
D’où vient que l’on oppose souvent libéralisme et christianisme ? La réponse de Nemo est éblouissante : pour dépasser l’opposition, il faut distinguer trois niveaux de profondeur au sein du libéralisme.
Le premier niveau, le plus superficiel, considère que la liberté vaut pour elle-même, qu’elle est sa propre fin. Elle justifie qu’on lui sacrifie toutes les autres valeurs.
Le deuxième niveau veut la liberté parce que celle-ci garantit le progrès. En politique, en économie et dans la société, la liberté permet de maximiser l’utilité du plus grand nombre. La liberté devient alors le moyen d’une fin qui lui est supérieure.
Le troisième et dernier niveau accorde du prix à la liberté parce qu’elle garantit le progrès qui permet lui-même à l’homme d’atteindre des fins spirituelles supérieures. La liberté devient finalement un moyen de moyen : « la liberté est le seul moyen d’obtenir le progrès qui n’est lui-même qu’un moyen permettant de mieux satisfaire en pratique à ce que demande la charité » [3].
Et Nemo d’indiquer les penseurs qui se rattachent à chacune de ces catégories : les libertariens ou anarchistes au premier niveau, les utilitaristes au deuxième (dont Hayek), ceux qui défendent la liberté pour la charité au troisième (saint Thomas d’Aquin, Grotius, Locke, Kant, Benjamin Constant…). S’il doit donc y avoir une opposition entre libéralisme et christianisme, ce n’est qu’aux deux premiers niveaux.


