05192013Headline:

Meurtre d’enfants à Toulouse : l’horreur

Un cri s’élève de Rama, des pleurs et une longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants, et ne veut pas qu’on la console, car ils ne sont plus. 

En règle générale, j’éprouve un fort désintérêt pour ce qu’on appelle les « faits divers ». Leur étalage sordide et voyeur ne donne rien à penser. Mais ce matin, la France s’est réveillée sous le choc. A Toulouse, un établissement scolaire de confession juive fut le théâtre d’une fusillade des plus tragiques. Un homme en scooter a ouvert le feu. Un adulte et trois enfants ont trouvé la mort. Voilà pour les faits. Mais pour les émotions que cette affaire suscite, les mots ne peuvent que manquer. On atteint là un degré très profondément enraciné dans les abîmes de l’horreur. A quel point folie et dégénérescence peuvent avoir d’emprise sur un tel passage à l’acte, c’est incommensurable.

Les potentiels motifs du meurtrier permettront peut-être aux journalistes de remplir leurs colonnes par des semblants d’explications. Explications qui, face à l’innommable, assureront à la sphère médiatico-politique l’ersatz d’une quelconque maîtrise dans l’abomination. Mais l’événement, en réalité, ne mérite aucune « explication ». De mon regard de catholique, je n’y vois rien d’autre que la plus terrible des énigmes, celle de l’iniquité. La plus terrible, parce qu’aussi celle qui échappe à toute raison, comme l’inversion maléfique du propre de la transcendance. Mystère maudit, qu’il ne faut pas se précipiter d’imputer aux forces démoniaques. L’horreur est telle qu’on se demande même si cela peut réjouir le Démon. Ce n’est pas à ce dernier mais bien à l’homme que Jésus s’adresse quand, plaçant un enfant au milieu de ses disciples, il les encourage à le prendre pour exemple et, dans le même temps, les avertit : « Malheureux le monde qui cause tant de chutes ! Certes il est nécessaire qu’il y en ait, mais malheureux l’homme par qui la chute arrive » (Mt 18, 7). Dans quelle chute s’est-on aujourd’hui laissé entraîner ? Malheureux l’homme qui attente à la vie de ces enfants, dont les anges contemplent sans cesse la face du Père (Mt 17, 10). Ce carnage nous laisse comprendre la difficile question de la Justice de Dieu, quand celle-ci s’abat sur le réprouvé et le condamne à l’enfer.

Il n’est évidemment pas question de haïr le meurtrier. Sa déshumanisation nous renvoie aussi à nos propres manquements. Dans la course au péché, il n’est pas sûr que ce pauvre hère nous devance si largement. Mais si nous sommes, comme on dit, « normalement constitués » (ce qui signifie : doués d’un minium d’empathie et de morale), on ne peut que se satisfaire de savoir la peine qu’il encourt, la Sainte Colère, le châtiment divin. Ce n’est pas par esprit de vengeance, nous n’en sommes plus là. C’est pour nous-mêmes également qu’il convient d’apprécier la saine et sainte Sagesse de la Justice divine. Quand nous cédons au mal, par un usage déviant de notre liberté d’action, c’est aux créatures de Dieu que nous causons du tort : ce que Dieu ne tolère aucunement. C’est à ce niveau que se lit l’exigence évangélique du souci de l’autre. C’est en fonction de cette exigence que nous sommes éduqués et que nous serons jugés.

Loin du verbiage médiatique et politicien de circonstance, avec son flot de déclarations solennelles – bavardage bafouant la pudeur élémentaire face à l’horreur -, il nous reste, quant à nous, le silence et la prière. Silence nécessaire face à cette mise en lumière du mal qui, habitant notre monde, habite aussi chacun d’entre nous, et que nous devons chaque matin nous préparer à combattre. Prière pour ces enfants, si tôt rappelés par le Seigneur, pour leurs parents et leurs proches, et pour qu’enfin arrive le Règne de Celui dont notre défaut d’attente est source de toutes les chutes et tous les malheurs.

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3 Responses to "Meurtre d’enfants à Toulouse : l’horreur"

  1. Vivien Hoch dit :

    Je note également la récupération nauséabonde, abjecte et inhumaine, du candidat Hollande. Cela me répugne de la part de la politique pour laquelle pourtant j’ai une bonne estime et une tolérance très large. Mais pas là.

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