05222013Headline:

Mariage et contre-mariage

 » Quand même tous les peuples imiteraient Sodome, ils tomberaient tous sous le coup de la même culpabilité « 

Saint Augustin

Alors que le divorce semble s’institutionnaliser, tel que le confirme le succès du salon du divorce, de la séparation et du veuvage qui a eu lieu à Paris début novembre, d’autres combattent, au contraire, pour pouvoir se marier, telle la parodie de mariage entre deux homosexuels qui a été célébrée par un maire communiste à des fins électoralistes. Tout y était : le code civil (!), les anneaux, les parures républicaines, les larmes de l’épouse (ou de l’époux ?), etc. Bref, ce mariage qui s’assimile à un acte militant plus qu’à la célébration d’un véritable amour, plus à une provocation qu’à une construction, se présente ironiquement comme le miroir du nombre effroyable de divorces dans notre société. La réaction de Christine Boutin est intéressante à bien des égards. Ces réalités complexes mêlent militantisme politique, options personnelles, faits de société, tragédies individuelles, et surtout, expriment un véritable choix de société.

Il n’est pas question de discuter de la question de l’homosexualité en tant que telle, mais d’évoquer les questions qui se posent après cet acte illégal de mariage civil. Car le souci est d’ordre philosophique, une fois de plus, et il se développe selon un paradoxe et une contradiction qui se recoupent mais ne s’identifient pas :

Paradoxe – La tendance des homosexuels tend à l’institutionnalisme (tendance à créer des organisations en grand nombre), à tel point que l’on entend souvent parler de « lobby gay ». Militer pour institutionnaliser l’union entre deux personnes de même sexe va dans le même sens. Mais alors que les homosexuels veulent que l’on reconnaisse leur « droit à la différence« , ils agissent justement pour « se marier comme les autres« . Ce paradoxe est stupéfiant : on ne s’estime pas différent par rapport à une réalité traditionnelle en la requérant pour soi.

Contradiction – Car le mariage a pour fin de fonder une famille, qui elle-même a pour but de faire et d’élever des enfants. La famille qui s’institue dans le mariage est strictement téléologique et extatique. L’amour qui lie les deux parts ne se finit pas en eux, mais s’extériorise dans un enfant et une éducation. Cet amour est dit vertueux : il prolonge par une volonté libre les inclinations de nature ; elle les parfait. Le mariage est justement ce qui organise la réalisation de cette fin. De l’autre côté, quelle serait la fin du mariage homosexuel ? Que doit-il organiser, sinon la pure inclination sensible des deux parts ? Dans ce cas, l’amour ne se finit qu’en la personne des deux tenants, il n’a pas de caractère téléologique et extatique. Aussi le mariage n’a-t-il rien à protéger, et s’avère inutile. Le demander est contradictoire.

Contradiction et paradoxe, donc, dont on aimerait que les partisans du mariage homosexuel nous disent quelques mots, en dehors des exercices purement technique de législation ou à l’idéologie du recours aux droits de l’homme, auxquels ils se livrent.

PS :

L’étymologie du mot de mariage selon saint Thomas d’Aquin (Somme de théologie, supp. qu. 44, art.2)

L’effet du mariage est la procréation des enfants, on emploie alors le nom de mariage-(matrimo nium) parce que, comme le dit S. Augustin : « la femme ne doit pas se marier sinon pour devenir mère ». On peut dire encore que ce mot de mariage (matrimonium) signifie la fonction de : la mère (mains munium), car c’est à la femme surtout qu’incombe le devoir du mariage, c’est- à-dire l’éducation de l’enfant.

- : Ou bien on l’appelle mariage (matnimonium) parce qu’il protège la mère (matrem muniens) ; celle-ci, en effet trouve un défenseur, un protecteur, en son mari.

-Ou bien ce mot peut signifier avertis-seinent de la mère (matrem monens), c’est-à-dire avertissement de ne pas quitter son époux pour s’unir à un autre.

-Ou bien on l’appelle mariage, c’est-à-dire matière d’un seul (materia unius) parce que l’union a pour résultat matériel une famille unique, comme si le mot de matrimonium venait deco et de materia.

-Enfin S. Isidore dit que ce mot de mariage vient des deux mots « mère » et « né » (matre, nato, matrimonium) parce que dans le mariage la femme devient la mère d’un nouveau-né.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

What Next?

Recent Articles

2 Responses to "Mariage et contre-mariage"

  1. michel dit :

    arguments faux

    ‎1ermerment il n’y a pas de paradoxe ils demandent juste que leur différence soit accépté comme toutes les autres différences qu’il peut y avoir chez les étre humains (religion,origine,etc…) et ainsi pouvoir bénéficier du marige comme tous les autres!!!!!

    ‎2imement le mariage n’as pas pour but de fonder une famille mais de symboliser l’amour qui existe entre 2 personnes le fait de construire une famille n’a rien a voir avec le mariage:
    -il y a des famille avec enfant bien sur qui ne sont pas marié exemple ma tante et mon oncle

    -il y aussi des personnes que se marient mais qui ont décidés de ne pas faire d’enfant que ce soit un choix ou un probléme physique comme l’impuissance etc…

  2. Vivien Hoch dit :

    Les arguments factuels ne permettent pas de jouer contre l’institution que représente le mariage. On ne confond pas le « droit à » avec le « laisser libre court à ses penchants ».

    Le « droit à » est induit par un contrat d’ordre civil, qui dépasse le pour plan naturel ou psychologique pour se manifester comme création sociale. En d’autres termes, on se met d’accord tous ensemble pour valoriser, promouvoir et défendre telle ou telle forme de vie. Ce qui rentre nécessairement en contradiction avec les simples penchants naturels de tout un chacun qui ne peuvent êtres assumés par le collectif.

    Quand à la non-possibilité de faire des enfants au sein du mariage, cela ne nuit à l’essence du mariage qu’accidentellement, et est donc tout à fait admis et admissible.

    Cordialement

Leave a Reply

Submit Comment