Je ne fais pas preuve d’originalité ni de virulence en affirmant que les sermons que nous servent les curés le dimanche sont très souvent »incolores, inodores et sans saveur, au point d’être désormais tout à fait insignifiants« , (cardinal Gianfranco Ravasi).
Donc le Vatican vient de confirmer ce que tout le monde disait déjà tout haut.
C’est ce que nous rapporte Ivan Rioufol, dans un excellent article du Figaro, en parlant ‘de la lassitude de nombreux catholiques face à un clergé pussillanime et politiquement correct ».
La fuite des fidèles vers le traditionalisme connait en cette fadeur une de ses causes. Le sermon de l’église de saint Nicolas du Chardonnet, pour virulent voir violent qu’il soit, a au moins ce mérite de ne pas endormir les fidèles présents, au contraire de bon nombre de paroisses.
Que se passe-t-il donc dans nos paroisses ? Pourquoi les prêtres se sentent-ils obligés de réciter le même discours conventionnel et ennuyeux, totalement déconnecté des réalités sociales et morales ? Quelques pistes pour nos prêtres :
Retrouver notre identité concrète - On nous parle en effet constamment « d’amour », de « lien intime », de « rencontre », « d’ouverture », en bref, le sermon s’expose dans une idiosyncrasie de l’être-vers : c’est-à-dire quelque chose qui revient à aller-vers l’autre plutôt que de devenir soi-même dans la pratique de la vertu. En bref, nous ne sommes jamais assez ouvert, trop concentré sur nous-même, etc. Mais bon Dieu ! Nous venons à la messe bien sûr pour exposer nos péchés, mais aussi pour s’édifier nous-même dans la vertu, et arrêter de considérer que l’autre est toujours meilleur.
Ne plus ennuyer les fidèles. Utilisez des anecdotes, des passages de la vie des saints, des histoires saintes, exhortez, maniez l’humour, prenez des exemples concrets, politiques, dans l’actualité, mais par pitié, ne restez plus dans une vague abstraction pseudo-spirituelle qui rend le discours, finalement, pseudo-intéressant.. rappelez les devoirs concrets du chrétiens, et faites en sorte qu’il sorte de la messe avec des idées. La vie chrétienne est si riche, ne gaspillez pas cette richesse !
Promouvoir un christianisme combattif. C’est parce que nous sommes passé à un christianisme des catacombes, qu’il faut désormais exhorter les fidèles à l’action, à agir concrètement dans leur vie. Ivan Rioufol parle de l’excellent Jésus de l’historien Jean-Christian Petitfils, qui nous permet de redécouvrir la facette « belliqueuse » du Christ. Jésus n’est pas seulement ce bon bonhomme doux qui se laisse frapper. Il a une dimension combattive, pertinente. – « Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquète, qui juge », affirme le cardinal Gianfranco Ravasi
Voilà les taches à accomplir. Pour nous, philosophes, c’est un devoir pour ces prochaines années : retrouver le sens d’un christianisme faiseur de monde, non d’un christianisme qui subit le monde.
VOIR :
- Bonne nouvelle : Le Vatican en a marre des curés « sans saveur » – Liberté d’expression, par Ivan Rioufol
- l’article de la RTBF



Tiens, voilà maintenant qu’après être passés maitres es endormissement, les prêtres se rebiffent.
Mais le christianisme n’est-il pas un chemin de pardon, de confiance, blablabla.
Vaut mieux lire un bon sermon de saint Augustin (et Dieu sait qu’ils diffèrent en quantité et en qualité, en virulence et en polémique, de ceux de nos bons curés) pendant l’homélie que de s’endormir avec les autres.
On ne demande ni charme, ni com’, ni ce que la télé nous propose.
Ce que nous demandons, nous le demandons ab negatio : pas de gauchisme primaire, pas d’auto-flagélation, pas de discours langoureux et mielleux sur le « coeur », la ‘rencontre », pas d’altérophilie outrancière. etc. etc.