Chronique de Paysan Breton, sur le Rouge & Noir
Le véritable danger n’est pas à chercher dans une couleur politique. Il est à chercher derrière un concept. Le multiculturalisme ne naît pas ex nihilo. Il a une source, héritée de notre humanisme tolérant. J’ai nommé : la mollesse. Le centrisme mou est le grand victorieux de ces dernières décennies. La facilité est sa maîtresse. Il se pare de libéralisme pour les uns, de mixité sociale pour les autres… Mais c’est le même mal, le même défaut de volonté, la même absence de conviction, le même intégrisme de la médiocrité. Nous sommes entrés dans l’Âge Moyen. Et l’Église catholique en France ne fait pas exception. Combien sont-ils, dans l’Église qui est en France, qui osent parler avec fermeté de la Vérité qu’est le Christ ? Ose-t-on encore admettre qu’elle existe ? L’Eglise s’est alignée sur le siècle, en adoptant ses travers les plus manifestes.
Car c’est bien la ruse de la mollesse que de faire croire que la Vérité n’existe pas. Le relativisme, mal absolu, a tant pénétré le monde qu’il l’a façonné à son image. Dans tous les domaines, il s’étend. Eh bien moi, je le refuse. Je refuse cette mollesse d’esprit qui consiste à placer un crissement de camion poubelle au même niveau que le Requiem de Fauré. Je refuse de dire que les civilisations se valent. Je rejette l’idée stupide qu’il puisse y avoir une Vérité hors du Christ. Je préfère une controverse à un consensus mou, qui tairait les différences pour mieux couver le conflit. Car c’est ce que nous faisons dans toutes les matières depuis des années. La mollesse est le revers de la peur. La mollesse, c’est l’opium du peuple.
Nous avons acheté la paix sociale par le multiculturalisme, sans voir qu’il produisait des vices intolérables pour tout esprit soucieux de justice. Nous avons préféré l’hédonisme aux vertus. Nous avons préféré faire de la discrimination positive plutôt que de rendre notre école plus exigeante et plus stricte. Nous avons préféré la construction fédéraliste d’une Europe impersonnelle au développement de nos énergies. Nous avons abandonné l’autorité au profit d’un « laissez-faire ». Nous avons pensé la liberté comme le droit de tout faire, alors qu’elle est avant tout un choix. Nous avons jeté l’immigré dans le communautarisme et la radicalité en refusant, par un humanisme béat, d’appliquer l’assimilation véritable. Bref, nous avons préféré abdiquer, descendant irrémédiablement une pente qui chaque jour rend le relèvement plus difficile. Nous avons sacrifié la France et l’Église sur l’autel de notre mollesse. Et le rouge du sang se mêle aujourd’hui à celui de la honte.
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