05202013Headline:

Le génocide vendéen… et son mémoricide.

Le 31 octobre 1986, interrogé sur le plateau d’Apostrophes où le sujet du jour portait le titre « A bas le roi, vive le roi ! », Max Gallo, alors député européen sous le gouvernement Mitterand qu’il avait pourtant quitté en 1984, s’indigne vertement devant les inquiétudes d’un certain Thierry Ardisson qui venait de louer sans vergogne le royalisme et Louis XX.

Publicitaire décidément trop conscient de son métier, Ardisson se demandait s’il ne fallait pas logiquement rétablir la monarchie pour se protéger des dérives que la démocratie entretenait avec le monde médiatique. Il faut reconnaître le bien-fondé de son intuition au point que, un peu plus tard, les écoles pour politologues (ou futurs entrepreneurs) proposeront le phénomène de « berlusconisation » pour traduire une connivence étroite, trop étroite, entre pouvoir et médias.

Voici ce que Max Gallo a répondu à Ardisson, en compagnie du regretté Pierre Chaunu, historien protestant dont il faut rappeler la délicatesse d’esprit et l’élégance de son style :

« Je suis tout à fait d’accord que la Révolution a été barbare, mais en mettant l’accent sur la barbarie et on a le droit de le faire, on a raison de le faire, je ne voudrais pas qu’on régresse en disant que les Droits de l’homme et du citoyen, ça n’est rien, il valait mieux la monarchie pour éviter la Terreur. […] Le bien commun des Français, c’est 1789, la Révolution des Droits de l’homme  ; c’est capital. »

On sent bien que, peu ou prou, on touche ici au sacré et l’historien se convertit, avec ce jaillissement romantique, en théologien de la Révolution ; bien plus tard, dans une émission sur France 3, Culture et dépendances, Max Gallo répondait à sa manière au débat sur l’esclavage et le code noir : « L’utopie du progrès est la seule barrière contre la barbarie. »

Tel un réflexe kantien, il s’agirait de s’engager dans l’impératif catégorique de « l’utopie du Progrès », en vue d’éviter toute violence. Pour le dire plus crument, il faut se mentir à soi-même. Avec son cynisme habituel, Ardisson avait reproché à Gallo de faire de l’endoctrinement « IIIe République » à la manière de Jules Ferry. De bonne guerre, dira-t-on.

Historien pourtant éminemment scrupuleux, Max Gallo réduisit la royauté à la négation des Droits de l’homme alors qu’il savait très bien la réalité des monarchies éclairées, constitutionnelles, qui approuvent ces Droits de l’homme ; toutefois, une telle observation demeure superficielle. Depuis les travaux de l’ethnologue Pierre Clastres, il est démontré que les monarchies traditionnelles désignent le centre nerveux des rivalités du pouvoir et participent à expier ces inévitables logiques du désir de gloire.

Emblématique de la sociale-démocratie, Gallo réduit la démocratie au libéralisme – ce qui est assez curieux pour un bonaparto-gaulliste conséquent – et ne comprend pas que la logique de toute démocratie ne peut fonctionner qu’avec des esclaves. Cela, Marx – qui était tout sauf marxiste, comme le soulignait à l’époque le très marxien Raymond Aron – l’avait bien mis en évidence en prenant soin de rappeler, railleur : « Liberté, égalité, Bentham. »

En clair, le discours de Max Gallo est le suivant : les Droits de l’homme, c’est le Bien. Avant ou en sortir, c’est régresser. Or, l’historien sait très bien qu’avant les Droits de l’homme, il n’y a pas de « régression » ; d’ailleurs, l’historien se moque de savoir si l’on « régresse » ou pas, à moins de considérer, c’est entendu, qu’avant de commencer à décrypter des documents, on introduise ses préférences dans l’analyse. Jusqu’à ce jour, ce n’est pas dans son domaine de compétence car il n’est pas philosophe. L’historien observe, compare, retranche, révise, un point c’est tout. Du moins est-ce son exigence de principe.

Cette exigence, on la retrouve chez Reynald Secher qui a publié en octobre 2011, aux éditions du Cerf, Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d’un crime légal contre l’humanité. Il y aura toujours ceux qui minimiseront la thèse scandaleuse du livre de cet historien banni du milieu universitaire, en professant l’éternel anathème digne d’une cour d’école : l’« orientation ».

A supposer que le livre soit « orienté », il faudrait le prouver, ce qui sera loin d’être évident et, surtout, il faudra vérifier si tout travail n’est pas, substantiellement, « orienté » ; en l’occurrence, puisque tout est orienté, il s’agit de savoir laquelle des orientations assumées est vraie. Nous pouvons désormais rentrer dans le vif du sujet et considérer avec sérieux si, oui ou non, il s’agit d’un génocide.

 

Les raisons du génocide

Tout a déjà été écrit sur le sujet, ses horreurs : les tanneries des peaux humaines à Angers, la récupération de la graisse liée à la fonte des corps (500 femmes), déportations, camps d’exterminations dans les villes périphériques réservés aux enfants et femmes (les « mouroirs »), noyades, colonnes infernales, les « lois » d’extermination comme le rappelle le pénaliste Goldnadel dans sa préface (ce sont, à proprement parler, des lois-décrets) ; un grand bravo à Reynald Secher pour son sérieux et son souci de vérité, un combat qui mérite d’être gueulé s’il le faut.

Je me contenterai de rapporter des évidences sur des « points de détail » très importants qui permettent de valider le fait du génocide vendéen.

D’abord, le mot de « brigands »:

« Tuez les brigands au lieu de brûler les fermes, faites punir les fuyards et les lâches et écrasez totalement cette horrible Vendée [...] Combine avec le général Turreau les moyens les plus assurés de tout exterminer dans cette race de brigands » (Jean Dembarrère, officier supérieur).

« Je sais qu’il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays, c’est égal, nous devons tout sacrifier. »
(Louis Grignon, chef de la première colonne, à ses soldats)

« Qu’entendait-on donc alors par ce mot de brigand ? Etait-ce seulement les rebelles rentrés dans l’ordre et tous les habitants de la Vendée. Je vous rappellerai la lettre de Carrier au général Hasco, en date du 23 frimaire ; elle annonce l’ordre de livrer aux flammes tous les habitants et de ne rien laisser dans ce pays de proscription [...]. Je vous citerai encore la circulaire de l’administration du district de Nantes aux communes de son ressort : « La Vendée va être traversée par douze colonnes formidables de républicains. Il faut en exterminer les infâmes habitants, en arracher toutes les substances, et c’est par vos charrettes qu’elles doivent nous êtres apportées. » (Matthieu Villenave, avocat nantais, arrêté en septembre 1793, échappant aux fusillades, p.117)

« Système de dépopulation » (Louis-Marie Prudhomme, p.115)

« Il fallait bien qu’il y ait eu des ordres supérieurs puisqu’on a trouvé dans les hôpitaux des femmes et des enfants à la mamelle sabrés au nombre de 1200 » (Lefèvre, p.112).

« Je compte sur vous : je connais vos principes, votre inflexibilité républicaine, votre intention immuable de purger, de saigner jusqu’au blanc la génération vendéenne. Vous concourrez au triomphe de la République contre ces infâmes rebelles. J’ai reçu la collection que vous m’avez fait remettre. Il y a des femmes bien coupables dans cette race fanatique. » Député Francastel, représentant du peuple délégué par la Convention nationale, l’armée de l’Ouest, aux membres de la commission militaire. » (p.122)

« Il ne reste qu’un mot à dire sur la Vendée et ce mot est un encouragement national à tous ceux qui dans cette campagne chasseront tous les brigands intérieurs ou étrangers car c’est la même famille. » (Barrère, du haut de la tribune, le 1er octobre 1793, p.127)

« La guerre ne sera complètement terminée que quand il n’y aura plus un habitant dans la Vendée. » (Carrier, p.129)

« Frappez simultanément et frappez sans relâche jusqu’à ce qu’enfin cette race impure soit anéantie. Salut et fraternité. » (Barrère)

« En vain, de malheureux patriotes, les certificats de civisme à la main, demandèrent vie à ces forcenés ; ils ne furent pas écoutés ; on les égorgea. » (Mariteau, maire de Fontenay-le-comte p.129)

Deshumanisation : « loups« , « louves« , « louveteaux« , « hordes impies« , « hydres hideuses« , « cochons« . (p.133)

« citoyens ! Tuez ! Tuez ! Massacrez ces bêtes féroces ! Détruisez ces germes de la peste ! Exterminez ces fanatiques que sont les brigands de la Vendée ! Purgez la terre de cette race infâme ! Anéantissez ces scélérats et leurs prêtres séditieux ! Saisissez-vous de leurs femmes ! Ecrasez les enfants ! Emparez-vous des dépouilles de tous ces êtres perfides ! Soyez sans pitié ! La République vous y engage ! En agissant de la sorte vous servez l’intérêt supérieur et vous défendez la patrie ! N’oubliez pas, citoyens, que ce ne sont pas des hommes que vous avez en face de vous mais des animaux nuisibles qui troublent la tranquillité publique ! » (consignes données au Mans, rapportées par les travaux de Trimoreau)

« Turreau n’est pas, contrairement à ce qu’affirment les négationnistes, un élément autonome qui aurait agi de son seul fait, mais un exécutant zélé du Comité de salut public. » (p.142)

Pas de crime contre l’humanité puisque le génocide vendéen a un caractère SYSTEMATIQUE. C’est le second point :

Camps de concentration et d’extermination réservés aux femmes et/ou aux enfants à Noirmoutier. Colonnes infernales, bien sûr.
Gaz, mines anti-personnelles, empoisonnement ; « vous avez délivré le pays d’un chancre qui le dévore » (Carrier, député représentant du peuple, lettre officielle du 9 novembre 1793, p.97).
Les noyades par couple, appelées « mariages républicains »

« Le Comité de salut public, chers collègues, a arrêté un plan vaste général tel que les brigands doivent disparaître en peu de temps non seulement de la Vendée mais de toute la surface de la République » (C.A.R.A.N. AFII/268/2258/4, p.81).

« J’espère que sous peu de jours, les divisions de cette armée, réunies et victorieuses, se donneront le baiser fraternel et planteront l’arbre de la liberté sur cette terre après l’avoir purgée de cette horde de brigands qui l’infectaient. » (général Léchelle au Comité de salut public le 13 octobre 1793, p.64.)

Enfin, rien à voir avec le crime de guerre :

« La Vendée vaincue sollicite la grâce de la Convention, grâce rejetée. » Selon le rapport de 38 pages, rédigé pour la Convention en Vendémiaire an II (22 septembre – 21 octobre) : « la pensée d’une amnistie était odieuse et la dignité nationale la repoussait même si la guerre de Vendée était politiquement finie. D’où le « système » avancé par les Conventionnels qu’il n’y aurait de moyen de ramener le calme dans ce pays qu’en en faisant sortir tout ce qui n’était pas coupable et acharné, en en exterminant le reste et en le repeuplant le plus tôt possible de républicains » (rapport Hentz et de Francastel où ils avouent avoir reçu « l’ordre d’exterminer la population afin de repeupler le plus tôt possible le pays de républicains, ce qui aurait dispensé la nation de l’entretien sur place d’une armée« ).

En conséquence, après ce livre qui propose des documents inédits qui éclairent définitivement le problème, nier le génocide vendéen relève du négationnisme, de la bêtise ou de la mauvaise foi (ce qui revient à la même chose) ; c’est une sortie du sérieux, un flatus vocis qui ne mérite que l’indifférence aux yeux de l’historien.

L’impasse du nominalisme

Il existe une interprétation nominaliste, tradition sophiste encore dominante et qu’il faudra bien déconstruire un jour, laquelle stipule, rappelons-le, que les signes, les concepts, ne visent rien que des individus sans jamais viser un ordre ou un ensemble – ce réflexe absurde et typiquement moderne ne veut précisément entendre que ce qu’il lit, en prenant soin de le convertir à une grille de lecture individualiste ; avec une telle méthodologie, il n’existe plus d’ordre franciscain mais des franciscains, plus de boches pour désigner l’Allemand mais quelques Allemands, plus de koulaks pour désigner l’ennemi du régime, le contre-révolutionnaire, le bourgeois, mais certains paysans russes, plus de youpins pour désigner le Juif mais des individus d’une confession spécifique.

Bien des génocides ne seraient pas reconnus, surtout si l’on avait dû s’arrêter à des traces manuscrites. A cause de ce sophisme, on se condamne à perdre l’essentiel (un mot conservateur et fasciste) et ne plus révéler l’intention qui se cache derrière chaque discours ;  quelques leçons de phénoménologie seraient les bienvenues pour sortir définitivement de cette impasse.

En conséquence, pour l’honnête homme, il est plus que jamais un devoir de revenir à l’exigence de René Girard : croire « autant aux faits qu’aux interprétations ». Les faits réclament une enquête minutieuse que l’on peut très facilement mettre à jour par le biais d’une analyse inductive.

Jusqu’ici, la plupart des réponses (ou des invectives) présentées à l’encontre du livre de Secher pourraient se résumer ainsi : « Mais quelle idée saugrenue (et idéologiquement orientée !) de mettre de l’huile sur le feu ! En quoi serait-ce un génocide ? » ; il serait accusé d’entretenir un amalgame indigne puisque le mot de génocide que l’on doit à Lemkin a été à juste titre utilisé en 1948 lors du procès de Nuremberg – une telle accusation témoigne encore de ce réflexe éminemment nominaliste, trahissant une fuite en avant ; à cela, nous répondrons que Gracchus Babeuf, qu’on ne peut raisonnablement soupçonner de légitimisme, a utilisé un néologisme : « populicide » dès 1794, dans son pamphlet : Du Système de dépopulation.

Ira-t-on jusqu’à dire que « populicide » et « génocide » sont deux mots totalement différents ? Absurde.

Membre de la Société des Études robespierristes, Jean-Clément Martin, par ailleurs brillant historien, s’exprime sur ce sujet épineux :

« Pour qu’il y ait génocide, il faudrait qu’il existe un groupe que l’on veut exterminer. Aucune loi n’a été prise contre les habitants du Sud de la Loire en tant que tels. On n’a jamais dit qu’il fallait exterminer les Vendéens – il n’y avait pas de définition précise – donc on n’a jamais défini ni géographiquement, ni ethniquement, ni, avec aucune qualification, un groupe particulier ; ce qu’on a dit, c’est qu’il fallait détruire les brigands, exterminer les brigands, ça, c’est sûr. On a employé le mot de destruction et d’extermination des brigands partout, mais ça concerne tous les opposants, parce que le mot brigand est un terme générique qui couvrait, malheureusement, tous les opposants de la contre-révolution. » (53,30e minute, du reportage « Robespierre Bourreau de la Vendée ? »)

Il faut nous arrêter un bref instant sur sa remarque emblématique de ce réflexe nominaliste qui s’ignore bien souvent. Tantôt, d’un côté, « il faudrait qu’il existe un groupe que l’on veut exterminer » – et en cela, Martin sort du nominalisme (d’ailleurs, il n’a pas le choix s’il veut rester fidèle au sens du mot) – tantôt, il met en avant les « habitants du Sud de la Loire en tant que tels » et il professe ici une herméneutique nominaliste.

Très justement, il pourrait nous retourner l’argument : le mot de génocide supposant une définition précise, il nous condamnerait à une interprétation nominaliste selon laquelle il s’agirait de coller à tout prix un mot, lui-même empreint d’une charge symbolique évidente, avec des faits historiques. Est-ce le cas ?

La définition du mot génocide met en avant la « destruction systématique d’un GROUPE ethnique ». Il existe des mots qui ont du sens ; il existe des faits qui peuvent s’accorder avec ces mots. Extrême simplicité.

Si jamais on individualise un fait historique (le génocide) qui, par essence, rejette un tel réflexe en insistant sur la deshumanisation d’un groupe humain, alors, de fait, on se condamne à ne pas voir la logique sémantique qu’il exige.

Enfin, Martin est bien obligé de constater que « brigands » est un terme « générique ». Il ne peut plus être nominaliste. Par une analyse inductive, il a bien compris que les brigands désignaient tous les contre-révolutionnaires. Mais ce qu’il omet d’ajouter, c’est le contexte dans lequel il a été dit. Pourtant, il devrait le faire puisqu’il est historien. Manifestement, ici, il sort le mot de son contexte en l’individualisant à nouveau. Pourquoi ? Il est inutile de rappeler bien des remarques sur la « génération vendéenne » et cette « race de fanatique » ; contre-révolutionnaires désignés, certainement – mais c’est la même famille qui a son origine en Vendée aux yeux des révolutionnaires.

On pourra nous reprocher, en dernière analyse, de donner raison aux bourreaux qui ont insisté sur la spécificité vendéenne. Pour balayer ce cynisme qui minimise les massacres, bien concrets, il suffira de rappeler que, dans les faits, les plans d’extermination valident intégralement le mot. Nous sommes bien obligés de constater les faits. Que les révolutionnaires aient eu tort pour réduire les contre-révolutionnaires aux Vendéens ne change rien au massacre commis et planifié par « petits bouts de papiers »  sur cette population.

 

Une bataille idéologique : entre mémoricide et récupération

Une telle publication cache un « non-dit » qui pourra froisser aussi l’historien lui-même (mais tant pis) : comment expliquer les raisons pour lesquelles la thèse de Sécher a tendance à s’immiscer dans le débat politique, quand elle ne passait pas du tout avant le bicentenaire de la Révolution, date de parution de son livre par qui le scandale arrivait – un « coup » béni pour Pivot et son émission ?

Il est pour le moins étonnant que William Goldnadel préface un tel livre au nom d’« Avocat sans frontières », comme s’il validait le génocide avec le tampon d’une certaine élite dont il se réclame ouvertement et qui, pour légitimer sa politique nationaliste actuelle, pourrait voir d’un œil intéressé la révélation de Secher qui, rappelons-le, met en évidence une des origines certaines des nationalismes et des dynamiques révolutionnaires modernes ; puisque la France a un passé sur lequel elle devrait régler ses comptes, participant, on le voit bien, à des divisions inévitables, elle n’a donc plus de leçon légitime sur le plan international pour juger des politiques nationalistes des autres nations. Autrement dit, on profite d’une blessure nationale pour justifier un peu plus une politique nationaliste, notamment israélienne, et ainsi neutraliser définitivement le discours républicain, dans sa tradition gaulliste, par exemple, afin de lui faire dire tout ce que l’on veut. En conséquence, c’est tout l’universalisme républicain qui éclate, laissant place à la montée des communautarismes en tout genre, jusqu’au Gender.

C’est pourquoi, au risque de nous attirer des ennuis, nous refusons toute naïveté en approchant l’intention politique qui se traduit non dans la publication du livre mais dans sa promotion. France Culture a choisi de s’entretenir avec l’historien et, manifestement, pour rester dans l’euphémisme, force est de constater que, si l’émission a bel et bien eu lieu en compagnie de l’élégante Monique Canto-Sperber, il reste à ce jour impossible de l’écouter ; Reynald Secher a fait part de son étonnement à France Culture. Silence radio.

Cela n’empêche pas France 3 d’avoir récemment mis en avant un documentaire se voulant impartial, avec une reconstitution brillante des faits historiques, acte exceptionnel en ces temps où le monde de la télévision se réduit à de la gaudriole. Frank Ferrand, brillant présentateur, s’est vite étonné de la réception du reportage  projet sur son blog : « la Presse nationale, malheureusement, n’a guère soutenu notre démarche ».

(voir : http://www.franckferrand.com/ )

Excellent, le reportage n’est à ce jour plus disponible sur le site de France 3. Heureusement, il est possible d’y accéder par le net :  http://www.youtube.com/watch?v=KASEg3IR-xU

Il faut bien comprendre que ces politiques de diffusion dissimulent une bataille idéologique qui s’accentue entre, d’un côté, les partisans de la République comme le Max Gallo du 31 octobre 1986 – et pas l’académicien qui décide de voter pour Sarkozy en feignant de croire au discours gaulliste de Guaino… pour ne pas voir sa famille opposée, la tradition orléaniste du président – et les partisans d’un nationalisme juif, de l’autre, désireux d’en finir une bonne fois pour toutes avec l’antisémitisme.

Deux forces en présence dans cette ténébreuse affaire que des romanciers comme Balzac se seraient évertués à décortiquer avec la seconde vue et le panache que l’on sait. Peut-être l’époque est-elle trop… procédurière pour que de tels romanciers voient le jour (ou soient publiés). En attendant, ce qui est sûr et certain, c’est que Max Gallo dont l’esprit de finesse et l’intelligence font autorité, sait très bien, voit très bien, où se situe la véritable « régression », à mesure qu’il s’agrippe à son fauteuil d’Académicien, en se réfugiant autour de réunions de mots et de dictionnaires, à la manière de nos Goriot finissants qui jouent au scrabble dans leur maison de retraite pour oublier combien leurs enfants les ont délaissés, dans l’espoir que la mort ne soit pas trop criante.

 

Le 21 février 2007,  est présentée à l’Assemblée Nationale PAR MM. Lionnel LUCA, Hervé de CHARETTE, MME Véronique BESSE, MM. Louis GUÉDON, Joël SARLOT, MME Hélène TANGUY, MM. Bernard CARAYON, Jacques REMILLER et Jérôme RIVIÈRE, une proposition de loi réclamant la reconnaissance du « génocide vendéen de 1793-1794 »

Le 23 février 2012, le Sénat a enregistré une proposition de loi tendant à abroger les décrets du 1er août et du 1er octobre 1793.

En mars 2012, M. Dominique Souchet, député de la 5e circonscription de Vendée, établit, avec un groupe de députés, une proposition de loi visant à reconnaître « publiquement le génocide vendéen de 1793-1794. »

© Jérémy Marie, pour Itinerarium

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12 Responses to "Le génocide vendéen… et son mémoricide."

  1. Denis Merlin dit :

    Oui, oui les droits de l’homme, c’est le bien. La déclaration du 26 août 1789 est toutefois assez inégale et par certains articles, dangereuse. La Déclaration du 10 décembre 1948 est moins contestable, et même elle grandement bienfaisante, mais a fait l’objet de « réserves justifiées » (Jean XXIII Pacem in terris)

    D’ailleurs les Vendéens se sont soulevés en excipant des droits de l’homme et particulièrement de la liberté religieuse. L’école « contre-révolutionnaire » a ensuite « récupéré » la resistance vendéenne et a défiguré le mouvement.

    http://denismerlin.blogspot.fr/2012/02/les-causes-de-chouanneries-de-1793.html#links

    Les droit UNIVERSELS de l’homme ne sont pas les conséquences de la philosophie nominaliste, mais en revanche le positivisme maurrasssien est bien le fils d’Auguste Comte pour qui « la société est tout ». Il est lui-même dans la ligne, au moins en pratique, de Rousseau pour qui la souveraineté populaire est infaillible.

  2. Zevengeur dit :

    Bonjour,

    Je viens de publier un article sur mon blog faisant une synthèse historique de la période 1793-94 :
    http://french-revolution-2.blog.fr/2012/03/02/1793-le-genocide-vendeen-12771369/

    Curieusement, il semble que le sujet remonte à la surface un peu partout en ce moment….

  3. Vivien Hoch dit :

    Curieusement ? N’est-ce pas parce que le projet de loi vient justement d’être déposé ?

  4. Artaban dit :

    une critique sans intérêt.

  5. Naif dit :

    Merci du lien.

    à Artaban,
    Fier homme, sans intérêt peut-être, mais pourquoi?

  6. Jeremy Marie dit :

    Bonsoir Denis Merlin,

    Je trouve votre remarque au sujet des droits universels de l’homme tout à fait intéressante mais je ne comprends pas votre intention.
    Certes, le positivisme maurrassien est, entre autres, le fils d’Auguste Comte, à juste titre, mais nous devons avoir à l’esprit que la coupure entre « relations entre hommes » (holisme) et « relations entre hommes et choses » (individualisme) (Louis Dumont, Homo Aequalis) est contenue, en germe, dans la philosophie scotiste et occamienne.
    Toute la philosophie politique, dont le libéralisme contemporain, est redevable du réalisme excessif scotiste et du nominalisme. Il existe à ce sujet un ouvrage impressionnant, court mais très dense, d’André de Muralt et que je vous conseille – si vous ne l’avez déjà lu : « l’unité de la philosophie politique – de Scot, Occam et Suarez au libéralisme contemporain », lequel explique très bien combien le volontarisme occamien est le germe de toutes les idées politiques modernes comme de ses applications.

    Bien à vous,

  7. Zevengeur dit :

    @Vivien Hoch

    En fait, lorsque je travaillais sur cet article, une personne proche de moi ayant travaillé en Vendée plusieurs années avec Philippe De Villier a échangé avec ce dernier par mail à ce sujet.

    Je ne sais pas si cela a pu avoir un lien avec le dépôt récent du projet de loi, à noter qu’en 2008 un projet de loi similaire avait déjà été déposé.

    Peu importe d’ailleurs, l’important étant que cette reconnaissance avance !

  8. Génial ! Les Ressources comme celles que vous avez mentionné ici, me seront très utile pour mon travail!

  9. David Gasnier dit :

    Voîlà pourquoi je n’apprécie pas les gens comme Gallo, ni Zemmour d’ailleurs. Je ne porte pas dans mon coeur un pays et sa Révolution qui a découverte l’eau chaude (la gentillesse, la bonté, la générosité etc), en éliminant au passage les mal-pensants. Moi j’ai honte d’être Français.

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