A l’occasion de leur meeting respectif, à Dijon et à Marseille, François Hollande comme Marine Le Pen proposent d’inscrire dans la Constitution des formules sociales ou anti-communautaires pour expliciter et garantir la laïcité.
A chaque campagne électorale, on voit désormais des candidats proposer de modifier la rédaction de la Constitution. Non seulement le texte se trouve affaibli par ces incessants remaniements, mais surtout, on cherche par là à donner un caractère définitif à une politique qui n’a pas encore fait ses preuves.
Car enfin qu’est-ce qu’une constitution écrite ? C’est pour un peuple la codification synthétique de l’esprit de ses moeurs et de ses traditions. Moeurs et traditions souvent en tension, car héritées des conflits et des épreuves de l’histoire. La laïcité à la française est certainement une composante de la nation apparue de cette façon. Tout en s’inscrivant dans les moeurs de la République, elle est dans les faits tempérée par de longues traditions religieuses : 50 000 lieux répertoriés, pour le seul culte catholique et répertoriés dans l’Inventaire des monuments de France. Mais conçue de cette manière, la laïcité n’est plus aujourd’hui une question politique vivante.
La laïcité, séparation des Eglises et de l’Etat, si elle doit avoir son sens vrai, doit prendre un contenu réel : séparation solennelle de l’Etat et des sectes, ou plutôt de la secte dont l’influence est la plus pernicieuse et dont les dégâts sur l’esprit public sont les plus dangereux : la secte des Intérêts mafieux, avec toutes les Puissances d’argent qui lui sont liées, et plus généralement, séparation de l’Etat et de la Banque. Séparation solennelle de l’Etat et de toutes les mafias ! Si l’Etat républicain a encore une tâche historique à mener c’est bien celle-là, et non pas de rejeter encore dans la sphère privée au-même titre que l’horoscope ou les gris-gris, la religion dont nul homme pieux ne peut se dispenser en vérité de manifester la grandeur et la sainteté.

