« La franc-maçonnerie n’a jamais été a-politique et si elle a cru l’être, elle s’est trompée sur sa nature. » (Thomas Mann, La Montagne magique.)
Quand on commence à approcher le terrain de la franc-maçonnerie, il faut s’armer d’une extrême vigilance, au point qu’en dépit des travaux monumentaux de Scholem, Puech ou René Le Forestier, on risque encore de s’y perdre, ce qui ne serait pas pour lui déplaire, étant entendu que la maçonnerie a toujours des secrets froidement gardés derrière son rideau rouge, lesquels continueraient de nous échapper ; elle se définit d’abord par un processus d’initiation en se réclamant de la tradition orale, comme une sorte de gigantesque téléphone arabe.
En loges, que l’on soit apprenti, compagnon ou maître, on passe toujours par plus supérieur que soi. Ce dernier aurait un secret appelé à devenir nôtre, ce qui participe à stimuler l’insatisfaction intellectuelle.
Au reste, tout l’attrait de la maçonnerie réside en ses mystères, au sens propre du terme. C’en est même le laboratoire.
Une salle de musculation à gnoses. Une secte, devenue religion.
Il s’agit d’une école, à plus forte raison puisqu’elle est l’instigatrice de l’école de la République, « sanctuaire de la nation » (Jack Lang). Elle est d’abord une secte institutionnalisée en 1717 en multiples obédiences qui ne doivent leur existence… qu’à l’Eglise, raison pour laquelle on l’a souvent présentée comme une « contre-Eglise », une église sans Révélation. Le sociologue des religions, Rodney Stark, définit une secte par rapport à une REACTION devant une orthodoxie déjà existante, en se réclamant d’un retour à la pureté doctrinale et rituelle originelle ; c’est pourquoi le christianisme n’est pas une secte juive puisqu’il n’entend pas abolir le judaïsme (et pas n’importe lequel) mais le continuer – aucune rupture n’est revendiquée, contrairement au gnostique, Marcion.
Le cas de la maçonnerie est emblématique de la structure politique de la République française et peut-être Jean-Luc Mélenchon en résume l’ambiguïté la plus frappante. Voilà un homme qui se vante d’être un rationaliste athée pur jus (stoïcien, pour être exact – ce qui n’est plus du tout la même chose…), en prenant soin de tacler, dès qu’il en a l’occasion, toutes les religions jugées « aliénantes » (et surtout le catholicisme avec son « âge des ténèbres » médiéval, selon un réflexe manichéen quasi congénital chez les gnostiques) et qui, de l’autre, est membre du grand Orient de France, un des plus éminents organes du laïcisme. On ne peut pas faire comme si cela n’existait pas ; on pourrait se demander quel eût été le sort de Mélenchon en 1920 où, lors du Congrès de Tours, l’un des impératifs du communisme était l’interdiction d’appartenir à une loge maçonnique, considéré comme une trahison de classe.
Une telle contradiction qui voudrait que toute religion fût aliénante sauf la maçonnerie, prend des accents quelque peu schizophrènes, c’est certain. L’ennui est de rappeler combien sa position est le coeur même de la République quand celle-ci a voulu séparer les deux ordres, en oubliant une donnée anthropologique désormais acquise : le temporel est aussi religieux. Et, comme toute religion moderne, il y a des pratiquants et des non pratiquants.
En finir avec l’anathème « complotiste ! »
Ce sujet n’est pas une fixation catholique, loin s’en faut. Si certains comme Philippe Ploncard d’Assac (La maçonnerie) sont ouvertement catholiques, d’autres comme le philosophe Pierre Dortiguier ou l’historien Eric Saunier le ne sont pas (à notre connaissance) ; lui-même franc-maçon (et protestant), Roger Dachez a publié des travaux tout à fait remarquables sur le sujet. Le témoignage de Maurice Caillet (J’étais franc-maçon), ancien vénérable du Grand Orient et devenu catholique depuis, semble le plus instructif. Dans ses vidéo et écrits, l’évangéliste protestant, Bill Schnoebelen, a rapporté, le plus synthétiquement possible, la mentalité maçonnique, jusque dans ses sphères lucifériennes.
Il est vrai que ce sujet a souvent été mis en avant pour entretenir le fameux anathème : « théorie du complot ! » - sophisme digne d’interprétation philosophique, facilement déconstruit par une analyse anthropologique, laquelle observe très justement que l’homme se définit d’abord par ses relations, loin d’être cet aérolithe jeté dans le monde comme s’évertuent à le professer encore les philosophies de l’absurde.
Si nous parlons de la maçonnerie, c’est par devoir, d’autant qu’elle le veut bien – et, ceci, de plus en plus, au nom d’une logique de la transparence qui la dépasse. Elle nous y invite au nom de son sacro-saint pluralisme, et, surtout, on a tendance à minimiser ce qui constitue la République, avec ses contradictions.
En Histoire, par exemple, on étudie le féodalisme (mais de moins en moins) ou le monde islamique, afin d’approcher les sociétés selon les périodes, mais on ne parle jamais du maçonnisme pour expliquer la civilisation libérale. Jamais. Pourquoi ? Un tel silence peut s’expliquer en raison d’un conditionnement. Nous avons tellement intériorisé le libéralisme qu’il irait de soi, du libertaire au libéral « modéré ». Le critiquer serait déjà suspect, inconséquent voire irrationnel. Tant pis. Il se trouve que tous ces courants ont une matrice.
Aux naïfs de bonne volonté qui continueraient d’agiter leur joker « Théorie du complot ! » pour évacuer toute analyse de fond en prenant soin, toujours, de se réfugier dans un persiflage mondain ou dans la grille de lecture psychanalytique, nous invitons à découvrir les travaux de Pierre Hillard, en vue d’offrir des éléments de réponse suffisamment éloquents en matière de géo-politique moderne, laquelle a pour projet un Nouvel Ordre Mondial ; d’ailleurs, ce n’est plus une théorie délirante mais un fait : la plupart des frères assument ouvertement l’avènement d’un Nouvel Ordre Mondial, une société civile généralisée dont l’ONU est déjà le coeur diplomatique, en étroite collusion avec le royaume bancaire. Si nous ne sommes pas dans le secret des cœurs, on ne peut nier les faits, les desseins revendiqués, les relations, les réseaux, les lobbys qui sont l’empreinte même de l’être humain, son enracinement évolutif. Celui qui s’arrête à l’histoire officielle est comme ce géologue qui s’arrête à la surface du terrain qu’il se refuse de creuser. Attitude parfois suffisante, sans doute, mais superficielle si l’on désire connaître la racine des phénomènes, au risque de s’y brûler à la manière d’Yves Montand dans le célèbre film (« complotiste ! »), I comme Icare. En outre, on pourrait s’amuser à analyser les grandes tragédies grecques ou les pièces de Shakespeare, pour ne citer qu’elles, en restant fidèle au très politiquement correct « théorie du complot » = pathologie = paranoïa !
S’il fallait refuser le complot au nom de bonnes intentions, que deviendrait Aaron dans Titus Andronicus ou Shylock dans Le Marchand de Venise ?
On devine déjà les inquisiteurs du « politiquement correct » hurler au racisme et à l’antisémitisme de Shakespeare en raison de la couleur de peau d’Aaron ou de la judéité de Shylock.
Dans un autre ordre de configuration, dans les cas où, par tous les moyens, nous devrions suspendre les intentions dissimulées pour arriver à nos fins, il faudrait se figurer tous les entraîneurs de chaque équipe de sport révéler, avant chaque match d’importance, la tactique adoptée en fonction de l’adversaire ; au poker, chacun devrait révéler son jeu avant d’abattre ses cartes ; à la chasse, tous les chasseurs avertiraient l’animal avant le coup de fusil pour donner raison aux bien-pensants qui ont encore décidément bien « du mal » à valider la réalité du péché originel.
Sans minimiser l’aléatoire des relations, nous refusons de sombrer dans la naïveté irénique de l’humanisme des Lumières, surtout lorsqu’il s’agit de porter un regard sur l‘homme occidental. S’il est un devoir de révéler les mauvaises intentions, il est aussi un devoir de révéler en quoi elles sont mauvaises.
Or, au nom de cet a priori facile et confortable, on refuse de considérer les relations entre les individus ; nous serions des êtres triomphants de toute influence, monades humaines égocentrées, capables de choisir selon notre droite raison.
Dans la réalité, ce n’est pas le cas. « Le tout est nécessairement antérieur aux parties » – nous sommes « zoon politikon », nos relations jouent sur notre comportement, au point de supplanter bien souvent nos supposés calculs rationnels.
Avec l’anathème « théorie du complot », Shakespeare ne ferait plus autorité ; il serait regrettable de se passer d’un tel sondeur de l’âme humaine… S’il existe une hystérie dans la paranoïa, il en existe une autre dans le procès thérapeutique de l’anti-paranoïa.
Toutefois, cet anathème traduit une intelligence (souvent inconsciente, hélas) de la victime, l’autre nom du christianisme. On sait, au moins depuis Saint Irénée de Lyon, ce que contient de satanique toute intention accusatoire et on refuse la stigmatisation, laquelle sacralise la victime ; ce rejet de la stigmatisation est une exigence spécifiquement chrétienne, comme l’a très bien mis en évidence Vivien Hoch dans son article (lire ici). En conséquence, il ne s’agit pas d’attaquer les personnes qui ont leur parcours, leurs aventures – les francs-maçons sont souvent des personnes honnêtes, aimables et civilisées -, mais de manifester les doctrines, surtout quand celles-ci n’obéissent à rien de bien raisonnable. D’ailleurs, « ils ne savent pas ce qu’ils font »… et ils n’ont surtout pas envie de le savoir. Hélas, en détruisant toute médiation nécessaire dans la vie d’une personne, l’optimisme humaniste de la maçonnerie occulte la réalité du mal qui « existe dans le monde [et] a des effets sur lui, mais ni le modèle rationaliste ni sa démystification critique ne sont capables de le reconnaître. Leur candeur naïve est blâmable car, occultant le mal, elle participe de son emprise sur le monde et les êtres qui l’habitent. » (Jean-Pierre Dupuy, Avions-nous oublié le mal ?)
Aux yeux de Dupuy, le mal est l’absence de médiation, laquelle s’intensifie à mesure que les individus se transforment en automates avec un bout de sexe et un estomac, sans tradition, sans histoire, intégralement déracinés ; une telle horizontalité totalitaire est susceptible d’éclater dans une violence pure, un « coup de théâtre » sans précédent, une catastrophe qu’Orwell n’aurait pas écrite.
D’autre part, loin de nous l’intention de manifester une quelconque fascination pour l’aliénation (à la manière d’un « Deleuze/Guattari »), mais rappelons simplement que le paranoïaque n’est pas forcément dans le faux. Dostoïevski a très bien montré la lucidité du patho-logique. Que l’on se souvienne de Stavroguine, démon à l’intelligence froide, baudelairien, machiavélien. Il est fou, oui, mais délirant de logique.
Enfin, en guise d’exigence et parce qu’il n’est pas le lieu de faire de l’esthétisme – auquel cas, Kubrick serait une judicieuse illustration, dont le dernier film, Eyes Wide Shut, ce n’est pas un hasard, s’interroge précisément sur ce sujet… (digne d’être « son » Salo ou les 120 journées de Sodome pasolinien) -, du patho-logique, nous ne préférerons garder ici que la logique, par précaution. Si pathologie il devait y avoir, force est de constater qu’elle se place du côté de la schizophrénie des laïcistes, comme il nous reste à le vérifier.
La religion des Droits de l’Homme
Cette précision faite, place à l’éclairage sur cette religion du progrès. Derrière le rideau rouge, quelle est sa mentalité ? Quelle est sa finalité ? Comment pense-t-elle l’homme ?
Habiles chercheurs de puces et idiots utiles de la maçonnerie, les relativistes corrigeront déjà en insistant sur « ses » visions du monde. Il ne faudra pas les contredire : tout cela est vrai.
Il existe au sein de la maçonnerie des divisions infinies, pour ne pas dire des guerres : la branche spiritualiste, cryptocatholique et légitimiste sur le plan politique (celle d’un Maistre), la branche déiste et anglomane (réformiste, mais légaliste) de l’autre ; enfin, la branche acquise aux Lumières et favorable aux idées révolutionnaires (matrice des clubs de la Révolution) ; bref, une maçonnerie rationaliste, déiste et mystique avec à chaque fois, un positionnement politique différent, partagé entre libéralisme anglo-saxon, réforme aligné sur les idéaux de la Révolution, puis sur le régime impérial français et, enfin, légitimisme de la maçonnerie traditionnelle. (p.1184, Oeuvres, Joseph de Maistre).
Il faut le reconnaître : toutes ces variations, charme de la maçonnerie, sont justes. Cela ne signifie pas pour autant qu’un invariant est inaccessible. Or, cet invariant existe ; c’est ce que nous entendons relever pour la suite de notre enquête.
Même s’il n’est pas le lieu de mettre l’accent sur le symbolisme maçonnique, il est utile de relever la signification de l’oeil dans le triangle, représentation du « Dieu horloger », la Liberté avec un L brisant les chaînes de la servitude (l’Ancien Régime), laquelle participe à convertir le vieil homme en Homme nouveau, le Républicain, selon une imitation paulinienne renversée jusque dans la symbolique du serpent se mordant la queue. Le bonnet phrygien peut renvoyer à Mithra, souvent représenté sous les traits d’un jeune homme coiffé d’un bonnet phrygien, plongeant un poignard dans le cou d’un taureau, selon les mystères qui étaient célébrés en son honneur dans le monde hellénistique puis à Rome avec, en plus des tauroboles, des épreuves initiatiques et parfois des sacrifices humains ; quant aux faisceaux des licteurs, tout le monde fera le rapprochement : la maladie de la « romanite »…
La franc-maçonnerie a une histoire, des codes, des rites, une philosophie d’existence qui ne peuvent s’expliquer sans insister sur le fameux « Dieu horloger », ce Dieu abstrait, totalement indifférent aux occupations humaines. Pas de salut ni de possibilité de perdition. Il est « au-dessus », un point c’est tout – ce déisme justifie, par exemple, l’annulation de la prière.
La maçonnerie spéculative s’est constituée une histoire à partir de la maçonnerie dite « opérative » ; les premiers maçons sont en fait des gnostiques : un gnostique est quelqu’un qui prend des symboles religieux et les mêlent à d’autres avec toujours cette idée qu’il faut revenir à un état de pure nature. Ils sont les constructeurs des cathédrales, en partie. Aussi, il existe un mythe fondateur : Hiram, l’architecte du Temple de Salomon, aurait été tué par d’autres compagnons. Nous n’avons aucune trace scripturaire de ce meurtre (mais Hiram est dans les Rois de la Bible) ; c’est principalement une tradition orale, au départ. La finalité de la maçonnerie est la reconstruction du temple de Salomon, vécu comme l’âge d’or des supposés maçons opératifs, les premiers initiés de l’histoire.
Il existe des dogmes dans la franc-maçonnerie qui justifient, en partie, l’adhésion d’ un initié – ajoutons que cet initié est présenté aux frères par cooptation. Si vous voulez vous faire baptiser, il vous suffit de rentrer dans une église et de vous confier à un prêtre. Si vous voulez être franc-maçon, il faut connaître un frère, avoir souvent un bon portefeuille (les ouvriers se font rares dans les loges), et adhérer aux dogmes de ses temples :
1) Le syncrétisme : Toutes les religions sont dignes d’être appréciées au même niveau d’exigence. L’une n’est pas plus supérieure qu’une autre. (ce syncrétisme se justifie par rapport au dogme premier, à savoir : le déisme). La religion est ici convertie en spiritualité, une conviction sans la verticalité du dogme, ce qui revient à dogmatiser l’humeur.
2) Le relativisme : Aucune vérité n’est définitive. La morale est contingente, évolue, n’est pas transcendantale. Ce qui est vrai aujourd’hui sera faux demain. Il s’agit d’une morale pratique et évolutive (on pense à Kant, lui aussi héritier du nominalisme occamien).
Jamais le déisme n’a fait l’objet d’une analyse métaphysique digne de ce nom, bien que Tresmontant en ait révélé définitivement l’ineptie pour manifester le rationalisme intégral du théisme. La franc-maçonnerie se situe dans un courant qui vient du Moyen Age et qui, le sachant ou non, a pour héritage le nominalisme. Ce dernier, qui « accorde réalité aux individus et non aux relations, aux éléments et non aux ensembles, est très fort chez nous. En fin de compte, ce n’est qu’un autre nom de l’individualisme, ou plutôt l’une de ses faces. On se propose en somme de l’analyser, et il refuse d’être analysé : en ce sens l’opposition est sans issue. Il ne veut connaître que Jean, Pierre et Paul, mais Jean, Pierre et Paul ne sont des hommes que du fait des RELATIONS qu’il y a entre eux. » (Louis Dumont, Essais sur l’individualisme, p.24)
Par exemple, la fameuse phrase « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire » ne se convertirait jamais par la suivante : « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai jusqu’à la vie pour que vous cessiez de vivre de représentations.«
Ce qui importe pour les francs-maçons, ce ne sont pas les personnes, mais les idées. Cela rejoint l’antique gnose : le monde est jugé mauvais, la matière est mauvaise ; ce qui est pur, ce sont les idées, la spéculation, royaume du pur esprit, la Pistis Sophia. Tel est le « geste » métaphysique de la maçonnerie qui a des conséquences réelles dans la vie quotidienne.
Ainsi, quand Lucien Neuwirth, franc-maçon, propose la loi autorisant la contraception en France en décembre 1967, il le fait avec les meilleures intentions du monde, d’après sa mentalité de départ : la liberté des moeurs et la primauté d’une politique néo-malthusienne qui traduit un rejet gnostique du corps. Puisque le corps est périssable, on peut le déconsidérer, jouer avec selon nos caprices, comme de la pâte à modeler.
Egalité : Il n’y en a aucune dans la franc-maçonnerie ; il est question d’une égalité potentielle, jamais réelle. 1. Les femmes sont dans des loges spécifiques, séparées de celles des hommes, alors que, chose amusante, la parité hommes/femmes a été pensée dans les loges 2. il y a le monde profane séparé de celui des initiés, les élus.
De plus, il faut connaître un franc-maçon pour y rentrer. Les ordres sont séparés : compagnon, apprenti, maître.
Liberté : L’autre nom du self-made man : toujours plus loin dans la maîtrise de soi. C’est un pélagianisme qui ne dit pas son nom ; Pélage considérait qu’on pouvait atteindre le salut de son propre chef. La liberté est une fin en soi pour le maçon, quand elle est un moyen pour le catholique, reconnaissant la motion prévenante de Dieu, plus communément appeler la Providence, c’est-à-dire la causalité voulue selon la bonté divine. La Liberté maçonnique s’inscrit dans l’héritage de l’individualisme : nous passons des relations entre hommes aux relations des hommes aux objets. (Homo Aequalis, Louis Dumont)
Fraternité : hédonisme ; la recherche du plaisir, telle est la finalité. Libertinage, divorces, IVG, PACS, euthanasie, etc. Il y a quelque chose de séduisant dans cette philanthropie sans médiation. Très souvent, le franc-maçon agit « pour le bien » (de l’humanité) – il en est même souvent convaincu ; mais de quel bien s’agit-il ? Où est le bien et le mal lorsqu’on est dans le subjectivisme moral et qu’on sacralise malgré soi sa propre conscience ? Inévitablement, ils évoluent selon les moeurs et les humeurs, servant de relais à un consumérisme utilitaire.
Ancien médecin chirurgien-gynécologue, Maurice Caillet fait observer dans Hédonisme et christianisme que « l’hédoniste instrumentalise, chosifie l’objet de son désir. Il n’aime pas l’autre, il veut le posséder, comme un vulgaire objet de consommation » (p. 35) ; il n’y a plus que des conjoints, de simples instruments de jouissance égoïste ; la contraception provoque l’incapacité d’aimer vraiment, le vagabondage sexuel compulsif, comme une drogue, et la frigidité accompagnée d’anxiété.
3) Enfin, l’universalisme abstrait se traduit en mondialisme technocratique. C’est abstrait et anti-organique. Il n’y a pas de pouvoir personnel. C’est le royaume de la technocratie. La politique est pragmatisme, Realpolitik détaché de toute finalité ; la justice et son droit abstrait se réduisent à simple ajustement digne d’un code de la route rawlsien. (cf Le sacrifice et l’envie, Jean-Pierre Dupuy)
Fascisme de l’impersonnel : l’individualisme
« Le fond de mon enseignement consistera à te convaincre de ne pas craindre la sacralité et les sentiments, dont le laïcisme de la société de consommation a privé les hommes en les transformant en automates laids et stupides, adorateurs de fétiches. » (Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes)
Dégénérescence du christianisme, la franc-maçonnerie ressemble à un jeu de rôle sacré, où l’on assimile « une fiction à laquelle on adhère » pour reprendre Roger Dachez. Paradoxe du maçon, il s’agit d’assumer une distanciation avec le réel tout en jouant un personnage sacralisé, maître du verbe. C’est l’occasion de mettre en évidence l’immanentisme des loges, doctrine selon laquelle les maçons se croiraient consubstantiels à la divinité.
Il est inutile d’être franc-maçon pour adopter leurs dogmes dans le quotidien ; le conditionnement est tel qu’il devient difficile pour beaucoup d’y échapper, si bien que l’expression « laïcs non-pratiquants » prend tout son sens, à la manière d’un Michel Onfray qui serait plutôt un « laïc militant ». En réalité, ils ont tellement intégré le relativisme, l’auto-suffisance et l’utilitarisme qu’ils sont devenus des prières vivantes du credo franc-maçon. Il suffit de lire La culture du narcissisme de Christopher Lasch pour être saisi de l’influence contagieuse d’une vision du monde prédatrice et infantile, au point que toute la mentalité de la maçonnerie s’est imposée en norme comportementale depuis au moins deux siècles.
« L’économique comme catégorie majeure représente le sommet de l’individualisme et, comme tel, tend à être suprême dans notre univers. » (Louis Dumont, Homo Aequalis I, p.75)
Le mythe de l’individualisme repose sur la primauté de l’individu coupé de toute finalité transcendante quand ce dernier se comprend par rapport à ses relations qui l’in-forment ; il n’est pas un aérolithe « jeté dans le monde ». La meilleure méthode pour étudier une société donnée, c’est de révéler les dogmes, les rites et les interdits qui la constituent. Si jamais on commence avec l’a priori individualiste, alors, dans notre cas, nous n’aurons pas conscience des dogmes de notre société.
C’est pourquoi une grille de lecture holiste s’impose (= dire ce qu’est notre société) afin de penser l’individu, ce qui témoigne d’une exigence réaliste, aristotélicienne : « Le tout est nécessairement antérieur aux parties. » (La politique, Livre I, chapitre 2)
Hélas, si jamais on adopte la méthode opposée, si jamais on place l’individu avant le groupe, on se condamne à des erreurs de perspective inévitables, quitte, parfois, à devenir complices d’un système qu’on aurait intériorisé malgré soi. Pour mieux le comprendre, il est important d’insister sur ce fait anthropologique : un individu est avant tout le « produit » d’un milieu dans lequel il vit. Il ne peut en sortir qu’en ayant conscience de ce milieu.
De fait, le coeur de notre civilisation a pour dogme l’individualisme ; derrière le rideau rouge de la franc-maçonnerie se révèle l’ultime interdit : une indifférence libérale à l’égard du religieux, trahissant un présupposé digne de la philosophie des Lumières, selon lequel la religion est assimilée au fanatisme, quand, au contraire, la religion est mère des civilisations ; le sacré contient la violence, dans la mesure où, pour mieux unir une communauté, il expulse, par le sacrifice, tout ce qui serait susceptible de créer des violences intestines, en premier lieu l’uniformité entre les membres du groupe.
Nous nous sommes efforcés de porter l’attention sur les racines religieuses de ce libéralisme. C’est Claude Tresmontant qui a su pointer une telle ambiguïté :
« La foi est personnelle mais ne peut pas être communiquée ; et qu’en conséquence la foi doit rester dans le domaine privé et ne doit jouer aucun rôle en politique : La politique, c’est l’ordre de la nature et de la raison. La foi, c’est du surnaturel, et elle ne fait pas partie de l’ordre de la raison et de la science. Les deux domaines, la théologie et la politique, sont ainsi séparés, exactement comme chez Kant, le croire, la foi, le Glauben, – et le savoir, le Wissen, la science. »
« Du point de vue des hommes politiques qui professent l’athéisme, c’est parfait. Le système est parfaitement satisfaisant. L’homme politique athée laisse volontiers à son collègue religieux, comme on dit, ses croyances plus ou moins irrationnelles, à la condition qu’il ne les fasse pas intervenir dans le domaine politique. »
« Désormais les questions de fond ne relèvent plus de la discussion rationnelle. Elles relèvent de ce que nos hommes politiques appellent pudiquement et en baissant les yeux, leur sensibilité politique. »
(Claude Tresmontant, Christianisme et politique, p.107)
Mais que fera-t-on quand on reconnaîtra que cette sensibilité n’est pas fondée en raison et qu’elle répond à une mentalité gnostique, elle-même ritualisée ? Que l’athéisme, comme le panthéisme, est religieux, beaucoup trop religieux, puisqu’il divinise indûment l’univers en lui prêtant des pouvoirs et des capacités qu’il ne possède pas ?
C’est pour cette raison qu’on peut être franc-maçon et l’ignorer comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ; la formule « non pratiquant », en définitive, relève du sophisme – en réalité, on est une pratique. On n’est jamais statique. Nos actes disent quelque chose. L’être est une action comme l’a définitivement démontré Maurice Blondel.
Si les sondages, le rituel du vote dans un isoloir, le rituel du « débat » entre les deux adversaires du second tour, les hymnes nationaux, les fêtes nationales, le rôle de l’économie et de la justice sur ce sol enfin débarrassé de toute sacralité supposée aliénante, ne relèvent en rien, c’est entendu, d’une quelconque empreinte religieuse, alors l’être humain, même l’individualiste tolérant qui s’en va guerroyer (un autre rite) au nom de ses valeurs, n’a définitivement rien à voir avec ce méchant sacré. Définitivement.
Ce qui nous a paru intéressant, ce n’est pas de révéler l’existence du laïcisme, son projet délirant, sa morale absurde ou ses fantasmes de malade, mais de vérifier combien, en dépit de sa tentative libertine, il est impossible d’échapper à un espace sacrificiel au point que « Ceux qui, au nom de leur précieuse différence, refusent systématiquement de se plier à la moindre coutume (= toute manière de vivre partagée) tendent généralement à développer, en retour, un grand nombre de manies individuelles (qui ne sont que des coutumes et des cérémonies privées), et, surtout, un grand potentiel de haine et de colère (auto)destructrice. » (Jean-Claude Michéa, L’empire du moindre mal, p.140)
© Jérémy Marie, pour Itinerarium




Excellentissime !
Vous me bluffez, cher Jérémie Marie, par l’ampleur de votre travail et de vos citations. Bravo ! Je comprends un peu mieux votre vision du monde, et eclairci la mienne sur un danger que je n’ai pas trop sous-estimé…
Il me semble aussi intéressant de relever des cas concrets, c’est-à-dire, des résultats connus de l’initiation maçonnique. Prenons le cas Breivik. Avant ses attentats, il venait de passer cinq ans d’initiation en Loge. Or, lors de son procès, il a fortement insisté sur le fait qu’il avait volontairement refoulé toute émotion ou tout sentiment, pour commettre ses tueries. Il se forçait à n’écouter que sa seule raison. Et refuse donc bien sûr d’être qualifié de fou.
Cela me laisse croire que ces initiations sont des endoctrinements à ne se fier qu’à sa seule raison, prétendue toute puissante, et à refouler toute écoute de son cœur, de ses sentiments, de ses émotions. Bref, ce serait rien moins qu’une déshumanisation de l’être humain, une fabrique de petits robots calculateurs et froids.
Je pense qu’on peut retrouver cette déshumanisation et cette froideur calculatrice chez beaucoup d’autres exemples de maçons. Je pense à Robespierre et à Napoléon, autres maçons responsables de massacres à grande échelle.
Bref, ces maçons semblent avoir oublié Pascal : « Le cœur a ses raison que la raison ignore ». L’être humain est composé de multiples facettes, mais ils veulent le réduire à sa facette rationaliste, tout sacrifier à leur dieu Raison.
Ils oublient aussi Rabelais, qui disait que science sans conscience (du bien et du mal) n’est que ruine de l’âme humaine, de l’humanité, et donc retour vers l’animalité ou pire que l’animalité.
DÉCLARATION SUR L’INCOMPATIBILITÉ ENTRE L’APPARTENANCE À L’ÉGLISE ET LA FRANC-MAÇONNERIE
On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur.Cette Congrégation est en mesure de répondre qu’une telle circonstance est due au critère adopté dans la rédaction, qui a été suivi aussi pour d’autres associations également passées sous silence parce qu’elles sont inclues dans des catégories plus larges.
Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.
Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Congrégation du 17 février 1981 (cf. AAS 73, 1981, p. 240-241: DC 1981, n° 1805, p. 349. Voir aussi la déclaration de l’épiscopat allemand du 12 mai 1980, DC 1981, n° 1807, p. 444-448).
Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l’audience accordée au cardinal préfet soussigné, a approuvé cette déclaration, qui avait été délibérée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication.
A Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le 26 novembre 1983.
Joseph, card. RATZINGER
Préfet
+ Fr. Jérôme Hamer, O.P.
Secrétaire
Félicitation pour cet article qui soulève un point que je remarque trop souvent. Une autre référence mais globale à votre étude serait 1984 de George Orwell qui met en exergue cette notion du bien qui se modifie sans arrêt.
Encore une fois félicitation pour votre article
Oui, félicitations. La question maçonnique méritait bien un article de fond. Le défi est brillamment relevé.
Je ne veux être ni sous-citoyen ni franc-maçon…
Que dois-je faire?
Au moins 13 francs-maçons dans notre gouvernement actuel (1 sur 2) contre environ un franc-maçon pour 400 habitants en France… Cherchez l’erreur!
La franc-maçonnerie, c’est aussi l’affaire des fiches, les affaires du Carlton de Lille, de saint Cyprien, de Grenoble, du cercle de jeux Concorde, de Nice dénoncée par le procureur Eric de Mongolfier, l’affaire GLNF de fraude à la TVA en bande organisée de Rennes, l’affaire ELF, la misogynie d’état, la colonisation, l’esclavage des Africains en vision moderne avec la Françafrique, la loge mafieuse P2, les décisions judiciaires arrangées entre frères dans les tribunaux, le copinage et la corruption d’état, un état dans l’état en France, la religion de notre République, l’apartheid Français, le détournement de la régionalisation, etc.
@Bouboune
Vous avez quelque peu compris l’analyse de travers mais l’on sent une envie de la comprendre.
Les franc macons et les chrétiens (termes qui à mon sens ne devraient pas s’exclure mutuellement) recherchent à mon avis la même lumière. La voie est différente mais, dans le deux cas, respectable.
Un dialogue ouvert et bienveillant mettrait en exergue les différences mais aussi les similitudes fertiles.
PERTINENT!
Derrière la façade démocratique de l’État turc se dissimulent des forces moins laïques qu’espérées, à savoir la cryptarchie Dönmeh 2… historiquement profondément implantée dans les réseaux de pouvoir politiques et intellectuels, à l’origine de la maçonnerie turque et qui joua un rôle décisif dans le déclenchement de la Révolution de 1908 ! Ajoutons que les Dönmeh par le truchement du mouvement “Jeune Turc“, fut vraisemblablement à l’origine des déportations et des massacres des communautés arméniennes et assyriennes de 1915/1916. Or, les trois grandes séries de procès politiques qui se sont succédés visent à n’en pas douter les réseaux constitués en sociétés secrètes qui maillent ce que les observateurs et connaisseurs nomment excellemment “l’État profond“ turc ! Citons l’affaire “Ergenekon“, puis l’Opération “La Cage“ suivant laquelle les minorités non musulmanes de Turquie – arménienne, grecque, juive – devaient être victimes d’attentats retentissants et de campagne d’assassinats tout en faisant porter la responsabilité au gouvernement islamiste et à l’AKP.
Ce sont des procédés que l’on connaît bien et qui sont à l’œuvre en ce moment même en Syrie où les massacres et les attentats sont systématiquement imputés au régime de Damas.
http://www.geopolintel.fr/article532.html
Article bien rédigé mais à mon sens pas du tout objectif. Les citations que vous donnez vont dans le sens du message que vous souhaitez faire passer. Les phrases les plus importantes et les « révélations » que vous donnez n’ont aucune source et vous ne les discutez même pas : vous les prenez pour un fait établi, une vérité.
Par exemple « Si vous voulez être franc-maçon, il faut connaître un frère, avoir souvent un bon portefeuille (les ouvriers se font rares dans les loges) » : ces deux éléments sont faux. Il n’est pas nécessaire de connaître un Frère (ou une Soeur en fonction de votre sexe et de l’Obédience que vous souhaitez rejoindre) : vous pouvez faire une « candidature spontanée ». Quant aux ouvriers il en existe de nombreux au sein des Loges. Il y a aussi des enseignants, des étudiants, des chômeurs… bref, toute personne désireuse de rejoindre la Franc-Maçonnerie peut en faire la démarche. Quant au coût, s’il est une réalité, il existe bien des solutions fraternelles pour que cela ne soit pas une entrave.
Il faut arrêter de prendre ces anciennes images caricaturales du franc-maçon richissime et prendre le pas dans la réalité actuelle.
De la même manière, je serai ravi de connaître vos sources qui vous permettent d’affirmer que la plupart des frères reconnaissent l’avènement d’un nouvel ordre mondial.
Vous occultez complètement le fait que la foi et la religion sont deux choses bien distinctes. En ne prenant pas en compte cette distinction, la base même de votre raisonnement est biaisée. Cette démarche me fait penser au mode de pensé des intégristes religieux qui consiste à appliquer les textes au pieds de la lettre. Il faut prendre du recul sur ce genre de chose, faire la distinction entre le profane et le sacré. Cette prise de distance, nécessaire, avec les textes sacrés doit également être prise avec l’histoire de la Franc-Maçonnerie.
Cher Nema,
j’ai bien conscience des spécificités que vous présentez ; remarquez que vous adoptez, le sachant ou non, une grille d’interprétation nominaliste qui vise à mettre en avant des cas particuliers pour éviter un cadre général que j’ai tenté de mettre en avant grâce à un schéma général. Par souci de clarté, je vais répondre toutefois point par point :
Vous écrivez :
« Il n’est pas nécessaire de connaître un Frère (ou une Soeur en fonction de votre sexe et de l’Obédience que vous souhaitez rejoindre) : vous pouvez faire une « candidature spontanée » ».
L’existence de la candidature spontanée existe bel et bien, participant par ailleurs d’une politique de « transparence » (souplesse, pour la question des femmes) qui vise à faire éclater l’idée selon laquelle la maçonnerie « n’aurait rien à cacher » (j’ajoute qu’elle peut désormais se permettre une telle politique « transparente » puisqu’elle est désormais aux commandes : elle est le réservoir idéologique, le fourrier idéologique de la civilisation libérale) mais elle demeure une étape qui ne change en rien le rite initiatique présenté dans l’article.
Pour satisfaire la grille de lecture nominaliste, ira-t-on jusqu’à présenter des loges non initiatiques ? Je crois en votre bonne volonté, pour adopter le sens de ce mot éminemment scotiste, j’oserais dire pré-puritain !
« Quant aux ouvriers il en existe de nombreux au sein des Loges. Il y a aussi des enseignants, des étudiants, des chômeurs… bref, toute personne désireuse de rejoindre la Franc-Maçonnerie peut en faire la démarche. Quant au coût, s’il est une réalité, il existe bien des solutions fraternelles pour que cela ne soit pas une entrave. »
Je serais très intéressé de connaître votre définition du mot « ouvrier » ; peut-être du côté de certains syndicats, sans aucun doute ?
« De la même manière, je serai ravi de connaître vos sources qui vous permettent d’affirmer que la plupart des frères reconnaissent l’avènement d’un nouvel ordre mondial. »
Pierre Hillard, Hans Jonas, André de Muralt, Chauprade, Dortiguier, et tant d’autres…
Je sais bien qu’on refusera tjrs d’adopter la grille d’interprétation réaliste qui refuse de se borner à des cas particuliers, mais il n’en demeure pas moins que la METAPHYSIQUE gnostique, propre à la franc-maçonnerie, faisant du surnaturel un outre-monde, ne fait qu’un avec la ligne universelle (désincarnée : outre-monde) résumée en un « nouvel ordre mondial » ; il faut aller au bout de l’analyse inductive : les cas particuliers, très bien. Ils peuvent se vérifier, sans aucun doute. Mais il faut achever l’analyse et induire une conclusion. C’est la méthode réaliste à laquelle je me suis efforcé d’obéir.
Quant à la foi et à la religion, les distinctions sont à faire, bien entendu. De même, il ne faut pas confondre la foi et le sacré. Mon article s’évertue à présenter, par l’exemple de la maçonnerie, que nous ne sortons pas du sacré.
La foi, c’est un assentiment de l’intelligence à ce qui est vrai, si on est catholique ; c’est un sentiment intérieur si on est protestant ; c’est une lumière sacrée si on est maçon.
Quant à la religion, je me contenterais de citer Jean-Pierre Dupuy qui, après ses fines analyses dans « La marque du sacré » : « Nous sommes tous religieux sans le savoir. Pire encore : parce que nous ne voulons pas le savoir ! »
Merci infiniment pour votre mot. Et j’en profite pour saluer et remercier tous les commentaires, instructifs et (trop) élogieux à mon égard.
Merci d’avoir pris la peine de me répondre, aussi vite qui plus est. Avant tout, à la relecture de mon précédent message, le ton peut sembler cassant, sec, voire prétention. Je vous assure qu’il n’en est rien et qu’il s’agit d’une démarche de discussion.
A voir les références et citations que vous donnez, je suis sûr que vous comprendrez la distinction que je fais entre savoir et connaître. Beaucoup de personne savent des choses sur la Franc-Maçonnerie, mais seuls les franc-maçons (ou qui ont été franc-maçons) connaissent des choses sur la Franc-Maçonnerie. Vous aurez compris, j’en suis certain, que je rentre dans la deuxième catégorie. Par contre, je me questionne désormais sur la votre :)
Effectivement, je me suis borné dans mon premier commentaire à des cas particuliers car d’expérience, les commentaires/discussions voire condamnations se limitent justement à des cas particuliers.
Par rapport à la notion de candidature spontanée, je ne parlerais pas de politique de transparence. J’y verrais plutôt une forme d’égalité : quiconque a le droit de souhaiter devenir maçon, pas seulement ceux qui en ont dans leur entourage proche.
Si la plupart des initiés ont eu un « parrain », cela vient souvent du fait que bien des gens sont en « quête » de spiritualité, de fraternité, de questionnement, … (la liste des choses que peuvent apporter la Franc-Maçonnerie est loin d’être exhaustive) sans connaître de moyen de répondre à leur attente. Aussi, un franc-maçon proche pourra proposer cette démarche. Ou au contraire, ce « cherchant » sentira qu’une personne proche de lui pourrait lui apporter des éléments de réponse et ira la trouver, libre à lui de se révéler ou non.
La notion de ne rien avoir à cacher est un fait : toute personne peut « frapper à la porte du temple » pour demander à devenir franc-maçon. Certes, on vous demandera les raisons de votre démarche (afin justement d’éviter les affairistes purs par exemple) mais tout cherchant peut trouver des réponses. Alors dans ce cas, pourquoi ne pas « révéler au grand monde » ce qui se « trame » au sein des temples ? Et bien justement, à cause de cette distinction de profane et de sacré. Si l’on peut visiter une église en tant que simple touriste, on ne va pas participer à une messe ou à l’eucharistie si l’on n’est pas croyant/baptisé/… Si vous souhaitez connaître les rituels, ils sont facilement accessible et lisible sur Internet. Mais pour autant, ce ne seront que des mots, au même titre qu’un profane lisant le Notre Père. Ce n’est qu’au sein du Temple qu’ils prendront tout leur sens profond, dans le temps « sacré », sans profane.
Par rapport aux ouvriers, ceux que je connais ne me semblent pas être particulièrement impliqués d’un point de vue syndical. Toutefois, je pense percevoir ce dont vous voulez parler et à mon sens cela pourrait être le cas au Grand Orient de France. Je ne connais que très peu cette obédience travaillant dans une démarche plus sociale, étant pour ma part plus intéressé par la spiritualité et l’ésotérisme.
Par rapport au concept de nouvel ordre mondial, je comprends mieux vos propos. Au temps pour moi, je pensais qu’il s’agissait de l’anti-maçonnisme « basique » mélangeant Franc-Maçonnerie, Illuminati, complot judéo-maçonnique, bilderberg, … Il serait très intéressant je pense d’échanger sur cette Gnose maçonnique dont vous parlez, mais je doute que cet article soit l’endroit le plus adapté.
Concernant les sources que vous citez, je vous remercie.
Enfin, la définition de la foi d’un franc-maçon comme étant « une lumière sacrée » est, selon moi, très intéressante même si je ne suis pas certain de comprendre exactement le sens que vous mettez derrière ces mots.
Je note deux aspects que je qualifierai que d’étrange sur le dernier commentaire :
1- l’aveu du caractère « sacré » de la maçonnerie, qui se pose donc comme suppléante de l’Eglise,
2- l’aspect très volontariste de celle-ci : par le choix solipsiste d’entrer dans un monde fermé dont on franchit volontairement les portes, on opère soi-même son Salut. Le christianisme est fondamentalement opposé, puisque c’est justement le Christ qui le premier qui nous choisit, même s’il nous semble que nous sommes en route vers Lui. St Augustin, Pascal, Charles de Foucauld y sont passé, et chaque baptisé qui, de fait, a été porté par le Christ.
L’acceptation de cette dépendance au Christ, dans la vie spirituelle, naturelle et -chef d’entreprise je l’ose aussi- économique est la seule « solution » viable, universelle pour ce monde, à l’opposé d’une philosophie de consensus du droit pur. Seul ce don initial et final du Christ, gratuit parce qu’amoureux et parfaitement non réglementariste, me paraît être le message capable de combler les hommes de tout temps.
Bonjour Monsieur Dùma.
Concernant votre premier point, parler du caractère sacré de la Franc-Maçonnerie ne la pose pas en tant que suppléante à l’Église. Toute d’abord, l’Église n’a pas le monopole du Sacré. Il existe plusieurs Églises (catholique, orthodoxe, …), et une Synagogue ou une Mosquée sont toutes aussi sacrées. On pourrait également parler du Bouddhisme, des Chamans, des anciennes religions…
De plus, si tous les maçons ont la Foi, certains sont également des croyants pratiquants (juifs, catholiques, musulmans, …).
Ensuite, ce que vous développez dans votre deuxième point est votre point de vue, votre vérité, une vérité mais non La Vérité. Pour vous, le Christ est La « solution » viable. Pour moi ce n’est pas le cas : j’ai été catholique pratiquant et je ne le suis plus. Pour moi, ce n’est pas La Solution. De la même manière, je ne prétends pas que la Franc-Maçonnerie soit La Solution. Pour moi, elle est une solution, comme la votre en est une autre. Comme d’autres religions ou d’autres voies en sont également.
Toutefois, je suis d’accord avec votre point de vue quand au Christ et au christianisme en général. Si vous me passez l’expression (vous comprendrez l’image j’en suis sûr), dans le christianisme, tout nous vient d’en haut. Dans une démarche initiatique comme la Franc-Maçonnerie (mais ce n’est pas la seule), il faut avancer, monter, s’élever par nous même. C’est à nous d’accomplir le travail, de progresser à l’opposé du don que fait le Christ.
Toutefois qui sommes nous pour comparer les démarches ou les religions ou définir laquelle est la meilleure ? De plus, y en aurait-il vraiment Une seule qui permette de combler les hommes de tout temps ?
Vos positions désincarnées sont assez désespérantes, mais passons.
Vu de l’intérieur, l’Eglise a bien le monopole du Sacré, de même que l’amour conjugal est le monopole de l’amour pour le couple, ce qui n’interdit en rien que, sous d’autres cieux, d’autres monopoles puissent exister. Pour rester dans ce parallèle, reste ensuite à savoir si le mode de ces amours comblent réellement… Je doute par exemple que l’amour à la mode charia comble les femmes… dès qu’elles ont quelque idée de l’amour vrai (pour ne pas aller plus loin).
Sur le fond, vous démontrez parfaitement le différence fondamentale entre le christianisme et la maçonnerie… avec un léger raccourci toutefois ! Le premier est en effet basé sur le don de DIeu, qui est à la fois le tout autre mais aussi l’intime au tréfonds de soi-même, que l’on découvre à la fois en dehors de soi mais -surtout- au fond de soi : relisez par exemple St Augustin (par ex Confessions Livre XXème, chap XXVII). La vérité de Dieu est plus un renouement avec soi-même qu’un coup de masse extérieur. Il s’agit d’accueillir la création que nous sommes, la filtrer dans son indignité (le constat du péché / de nos limites) et, dans un processus d’échange indigne, accueillir ce don de DIeu qui appelle toutefois une réponse. « Malheur à celui qui n’agit pas » dit St Jacques, ie qui n’avance pas intérieurement et extérieurement. Nous sommes dans l’échange intime et dans l’exigence d’autonomie (le fameux devoir d’état).
A l’inverse, les philosophies solipsistes, se basant sur soi seul, seraient parfaites dans l’ordre de la création ou de la logique pure. Mais le « constat du réel », du mystère du mal, ce sens judéo-chrétien du péché; appelle une solution qui ne peut pas justement surgir de ce qui est susceptible de mal (la volonté humaine pure). Il me semble que la philosophie basée sur soi-même seul est de fait passéiste voire irréaliste puisqu’elle ignore cette réalité permanente du mal.
Si elle s’ouvre à une certaine écologie -prise en compte du réel indépendant de soi-, elle induit que cette ouverture doit aborder le problème du mal. Et la réponse à celui-ci (en gros l’éducation) se heurte malheureusement au réel, tant dans les faits que dans la durée.
Enfin, je suis d’accord sur le fait qu’une religion ne peut combler tous les hommes… Sauf que le christianisme n’est pas une religion mais un Dieu vivant, protéiforme, aimant, et çà me comble plus que des règles sophistiquées ! Et je serais coupable de ne pas clamer haut et fort combien je suis comblé par cette Triinité !
That’s all for 2day.
Monsieur Dùma.
Je ne vois pas en quoi mes propos sont désincarnés. Peut-être qu’ils heurtent vos convictions d’absolu et d’omnipotence de l’Église, mais passons…
Je sens bien dans vos propos que vous êtes comblés dans votre religion. Fort bien, vous m’en voyez ravis et heureux pour vous. Toutefois, cela ne signifie nullement que cette religion et cette foi soient adaptées à tout le monde. Et ce n’est pas parce qu’elles conviennent à une personne qu’elles sont pour autant la meilleure voie.
Je tente de vous répondre avec la plus grande ouverture d’esprit et en échange, vous portez des jugements de valeur et avez une approche que je considère très peu objective : si quelque chose est bon pour vous alors il l’est forcément pour tout le monde. Je ne pense pas que le dialogue puisse continuer sur cette forme aussi je pense m’arrêter là. Sachez toutefois que limiter la religion musulmane à la charia est plus que réducteur. Sachez également, dans le cas où cela vous intéresserait, qu’il existe plusieurs formes d’amour et qu’on ne peut le limiter comme vous le faites dans vos propos…
Le mondialisme est un projet d`abord des juifs-talmudistes et ensuite de leurs alliés objectifs et pantins la Franc-maconnerie occidentale.
Il faudrait des études sérieuse sur les organisations radicales juives qui poussent le mondialisme en Europe comme en Amérique.
Si vous prenez le gouvernement francais – Il est encerclé de juifs, de franc-macons, et de marxistes. (Donc de mondialistes). Aux USA c`est encore plus visible.
Les juifs-talmudistes sont derriere, le multiculturalisme, l`immigration massive, la promotion du métissage et de l`idée cosmopolite, ils sont derriere la discrimination positive et la théorie des genres. Il faut voir aussi la puissance de la propagande par les médias qui en majorité sont dans leur mains. C`est par la que les idées sont plantées dans les tetes.
L`anti-racisme est aussi une arme au mains de mouvements radicaux juifs – le Bnai Brith – la franc-maconnerie juive est a l`avant-garde mondiale des lois sur les – crimes de haines – depuis 50 ans – inventés dans le seul but de pousser le mondialisme et l`immigration massive. Ces lois abjectes dignes de celle de l`URSS de 1917 interdisent sous peine de poursuites ou de prison toute critique des minorités par les habitants du pays – un véritable carcan juridique ou le peur et l`intimidation juridique est utilisée pour faire taire. Ce sont encore une fois les juifs qui se spécialise dans les organisationss anti-racistes, leur financement, la culpabilisation permanente des peuples du pays, la promotion du métissage, la levée de frontieres. C`est encore le Bnai Brith qui est 1966 a réussi a faire sauter la loi américaine sur l`ìmmigration. Cette organisation maconnique et sioniste digne d`une police politique a ramification mondiale devrait etre sérieusement sous la loupe.
Tant que des études sérieuses sur l`idéologie religieuse talmudique, ses relais et ses effets sur nos sociétés de seront pas faites avec sérieux – mais pas avec racisme – on n`ira pas au fond du probleme.
L`Église catholique a toujours été la seule a voir la Vérité contre vents et marées. Seul la vision catholique du monde permet de discerner l`influence satanique dans la pensée humaine. Satan fut le premier des révoltés contre Dieu. Il refusa la loi divine et pour cela il fut damné. La Franc-maconnerie est son église – celle de la révolte et du refus des lois divines On y adore toutes les fausses doctrines hcomme avant la venue du Christ avec un haine spéciale pour l`Église catholique qui se trouve a etre celle de Jésus-Christ. Le talmud de Babylone maudit le Christ et sa mere ainsi que les chrétiens – il n`est que logique que ils soient des alliés.
Salut votre news est a suivre c’est tres clair; je vous admire.