À propos de l’article inédit : de la connexion des vertus chez saint Thomas d’Aquin, par Vivien Hoch
Comment vivre vraiment par et pour soi-même ? Voilà la grande question de nos contemporains, eux qui ont oublié volontairement la morale et les normes extérieures à leur propre bon sens.
La vertu et la morale, comme moeurs, sont des principes de vie sociale oubliées aujourd’hui, mais les philosophes antiques et médiévaux ont vu en elles des réalités anthropologiques qui déterminent à bien des égards toute l’existence avec soi et avec les autres. Il n’y est pas question de normer la vie humaine selon des principes extérieurs et oppressants. La vertu est un principe de vie immanent, qui auto-détermine l’individu à agir non selon un bien ultime et délié, mais selon son bien propre tel qu’il peut s’incarner dans des circonstances.
Aussi, saint Thomas d’Aquin fait des vertus de la vie humaine bien plus que de simples principes moraux. Ce sont pour lui de véritables existentiaux : des manières fondamentales d’exister dans le monde.
Lorsqu’il n’est plus question du pluriel des manières de vivre, mais d’une manière de vivre, lorsqu’il est question d’unifier sa vie et d’agir de manière ordonnée, cela ne se produit que conséquemment à Dieu, qui somme toute, est « plus intime à nous que nous-mêmes ». C’est la question de la connexion des vertus.


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