05252013Headline:

De l’urgence d’être réactionnaire ! Recension du livre plus qu’actuel d’Ivan Rioufol

Recension : Ivan Rioufol, De l’urgence d’être réactionnaire, PUF, 2012

C’est un petit livre rouge, couleur de la révolution. Mais pas celle à laquelle on pense. Il s’agit plutôt de l’apologie d’une « contre-révolution » pour que la destruction de notre pacte social s’arrête enfin. Recension de l’ouvrage « De l’urgence d’être réac » d’un des journalistes les plus talentueux de sa génération (et des moins corrompu par l’idéologie ambiante) : Ivan Rioufol. Un livre éloquent qui analyse les causes et l’efficience du désastre éthique, identitaire et national de la France, et l’emergence des « néo-réac », derniers fers de lance contre un inéluctable et funeste destin. Depuis l’election de François Hollande, chantre de la pensée molle et bienpensante, plus que jamais, l’urgence est de devenir réactionnaire…

    Ivan Rioufol, de l'urgence d'être réactionnaire« Le réactionnaire d’aujourd’hui est un démocrate déçu et révolté, avec qui les décideurs devront compter ». C’est l’histoire d’une évolution et d’une révolution inversée. Ou plutôt d’une contre-involution – le réac se bat contre « le progresssif effacement d’un pays brisé et laissé sans protection face au Babel de la mondialisation », qu’elle soit de peuplement ou financière, deux faces d’une même face et d’une même catastrophe – sans qu’il faille parler de démondialisation, car « entre mondialisation et démondialisation, (…) il y a un entre-deux raisonné ». Il faut préserver – et c’est urgent ! – les « atouts d’une civilisation affaiblie par le doute d’elle-même et la haine de soi, alors qu’elle a été, jusqu’alors, à la source du progrès social, scientifique, technique et de l’évolution des mœurs. ». Le néo-réac tel que le dépend Ivan Rioufol est celui qui veut préserver ce modèle civilisationnel de la trajectoire néfaste qu’il prend. Il veut en retourner « au local, au conret, à l’expérimental, loin des abstractions ou des généralisations utopiques ». Exactement le projet d’une phénoméplogie politique.

  Ce n’est donc pas qu’il faille s’opposer au « système », mais bien plutôt qu’il faille faire acte de le préserver, en s’opposant à l’idéologie abstraite qui délie le citoyen de ses soucis quotidiens. Mais tous sont contre le système, par leur idéologie. Ivan Rioufol montre bien à quel point être « contre le système », c’est être comme tout le monde. Celui qui défend le système est le seul à être différent. En substance, cela veut dire que le réactionnaire ne veut pas « renverser le système » en s’enfonçant dans une rhétorique révolutionnaire, car le « système » est justement ce qu’il faut préserver. En déclinant, au grès des divers chapitres, les causes de la destruction du « système civilisationnel français » _ le modèle déclinant de l’école, la dissolution du peuple, les « médias évangélisateurs », les pièges de l’ « allaïcité », et d’autres souverains poncifs qui constituent la colonne vertébrale de la bienpensance à laquelle s’opppose le néo-réac.

  Il tente aussi de « brasser » large en affirmant que les réactionnaires peuvent se trouver aussi à gauche. Nous restons plus sceptique sur ce point. La pensée de gauche est progressiste au mauvais sens du terme, s’auto-idéologise de ses propres vues sur le monde, et veut l’imposer à tous. Pour cela, elle a inventé une culture de contre-système – celle-là même qu’utilisent Marine le Pen et, dans une moindre mesure, le dernier Sarkozy. Cette rhétorique révolutionnaire, contestataire et contre-système est finalement contre-productive. Il n’est pas sûr que l’homme de gauche puisse le comprendre, lui qui est justement le fer de lance de cette contestation du réel au nom de l’idéologie.

    Car le réac ne peut pas se satisfaire d’une simple opposition, et ne se nourrit pas du conflit. Il veut conserver les forces vives de sa civilisation ; il veut qu’elles continuent à produire et à avancer ; il veut stopper la régression et promouvoir le progrès. « Ce n’est pas le retour à un ancien monde que recherche le réactionnaire du XXIème siècle », car « le néo-réac est de son temps ». Il est « un réac de progrès ». La dichotomie réac/progressiste se déplace ; et Rioufol montre que c’est le progressiste qui apparaît rigide et enfermé dans le système moral dominant, et que c’est le réac qui déploie les forces vives et la véritable sève d’une civilisation – qui doit se conserver comme telle : une matrice faiseuse d’espoir. Le vrai espoir, c’est le réac. La catégorie politique sur laquelle il faut et faudra compter à droite : le libéral conservateur. Merci Ivan Rioufol.

Ivan Rioufol, De l’urgence d’être réactionnaire, PUF, 2012   Acheter_sur_La_Procure

Voir aussi :

L‘interview d’Ivan Rioufol chez nos confrères et amis du Rouge et Noi

Le blog d’Ivan Rioufol 

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