05242013Headline:

De la fraternitude républicaine et de la charité chrétienne

Quelques échanges dématérialisés autour de la primauté de la fraternité et de la charité me laissent penser que les bases du christianisme ressemblent parfois aux soubassements de la Tour de Pise. Armé de courage et d’un abandon de soi qui serait digne de louange si je ne m’ennuyais pas autant au bureau, je livre donc au peuple assoiffé de vérité le fruit de ma pensée lilliputienne.

- Numériquement, je note dans le Catéchisme de l’Église Catholique que la fraternité compte pour 132 instances, quand la charité et l’amour en compte pour 628. Évidemment, à l’opposé d’un zombie fiscal, la vérité s’accommode peu d’une comptabilité de scribouillard. Mais en ces temps technocratico-boutiquiers, il devient difficile d’éviter l’assommoir à chiffres, le recensement au boulier et la rhétorique des dénombrements.

- Quant à la fraternité, dans un bon sens rustique, il m’apparaît qu’elle démarre par une filiation, à moins d’avoir trouvé le secret de la génération spontanée, mystère à ce jour aussi caché que celui de l’insertion d’une clé USB dans le bon sens du premier coup. Le gars qui, en tête de manif de la Nation à la Bastille, braille à la fraternité internationale des gens toussa, sous-entend de fait qu’il est «fils de» avant d’être « frère de ». Tel le soldat mogol qui déroule le plan du chef en envahissant la Vallée de l’Indus, je pose conséquemment donc voilà la question logique : Fils de qui ? Fils de quoi ?

-La génération des pipettes éjaculatoires, celle des femelles engendrant seules, des mâles en cabine et des enfants solitaires doit sans doute mal comprendre mon attachement à la filiation naturelle, celle de l’union des différences physiques profondes, celle des odeurs et du toucher, celle du goût et des cris, celle des paroles vraies, nettoyées de leur gangue médiatico-sociale. N’empêche que si je cause à ces orphelins du vrai, douceur des chiots de la voisine dans le panier-à-kiki, mystère de la fidélité des dik-diks se faisant avaler vivant et par couple par les pythons afros ou, encore un pour la route, empreinte éthologique des oies du père Konrad Lorenz, les enfants nés tous seuls dans un tube à essai sentiront peut-être mieux ma nostalgie sacrée quand on cause famille et filiation, rapport à l’amour des bêtes que l’Education Nationale Socialiste a moins tué que l’amour parental. La chaleur bestiale d’un matin de nuit commune dans une grotte refuge, ou le dépeçage tribal d’un mammouth laineux a du suffisamment marquer mes gènes pour que la famille trinitaire père/mère/enfants demeure une marque plus indélébile que la musique de Bonne Nuit Les Petits, plus marquante que la vision de L’Exorciste à 10 ans. En tous cas plus que la liturgie glacée et orgueilleuse de la belle-mère salope qui veut s’imposer, la démocratie moderne dont l’enfer -les autres- démarre dès la porte ouverte.

- Nous voilà donc à passer de la fraternité à la filiation et à la famille. Et ce qui fait le ferment de cette famille, le vrai catalyseur du succès familiaux des petits-déjeuners Ricoré, c’est bien la charité, cette capacité à s’oublier soi-même et à tendre vers un même but, humain, jubilatoire, divin au final. La charité comme à la fois l’oubli et l’affirmation de soi, la volonté de coller à l’autre coûte que coûte, comme le dingue patron de domaine qui envoie son fils en mission kamikaze pour se faire trucider par des analphabètes avares. Et cette charité prime sur la fraternité, comme deux frères peuvent se dire ‘Brother Were You Bound ? » en ayant banni leur parents, comme le frère du fils prodigue a bien débloqué sec au retour de son frère. « La fraternité ne fait pas tout, camarade ! » aurait dit le père du Fils Prodigue au renégat…

- Si je conçois  la fraternité des armes, celle des pèlerins en mycoses plantaires ou celle des vestiaires puants, je connais trop aussi ces fraternités là pour ignorer qu’elles charrient aussi souvent la lourdeur boueuse et l »ignorance crasse, comme  la soeurité -parité oblige- des marchés et des ventes d’ouvrages divers porte aussi son lot de crêpe-chignons. La fraternité pouvant donc être aussi ce partage éventuel d’une expérience fondatrice commune, je ne peux que dire et redire que cette expérience en soi est vaine sans liberté vraie, qui est don de soi, sans l’acceptation de ce qui est, en un mot comme en cents la charité.

- Et cette charité, ce goût pour l’autre, si elle va jusqu’au bout du bout comme un candidat de téléréalité court à l’extase du live, elle accepte l’autre, elle aime l’autre, elle aime l’être de nature. Là, on est à un poil près tous en phase, les ceux qui croient au ciel et cles ceusses qui coincent sur ce dossier délicat. Mais, les catho-chrétien l’affirment, elle vient aussi de Dieu, copyritghter de toute chose, principe de lancement du satellite cosmos terre toussa, et de la position amoureusement engagée qu’il a depuis toute éternité, à la fois dans son être même -une holding à trois pas pareils mais pareils quand même-, que dans son incarnation, l’Homme-Dieu qui se laisse voir et rencontrer encore aujourd’hui et aussi trucider par trois analphabète et un lâche.

- Dans le cas du sujet à la mode du jour et du moment, à savoir la Fraternité Universelle Démocratique et Obligatoire (selon le plan de Mr Peillon), on pourrait se poser la question subtile et ponce-pilatienne : « dans un monde sans Dieu, qu’est-ce que la fraternité ? ». A mon humble avis que je n’hésiterais pas imposer si je disposais d’une armée de kamikaze et d’autant de 737, la fraternité sans charité devient à quelque chose près une relation marchande, un truc qui hésite entre prostitution sordide où l’opinion fait office de maquerelle, et marchandage tendance sous-traitance pour usine de chaussures au Bangladesh. On est frère en le Mos Majorum, en la loi commune du moment, dont l’esclavagisme des Lumières ou la question juive vichyste a montré l’aspect aussi aléatoire que le chic des cols pelle à tarte couleur orange fluo par dessus un sous-pul marron.

- Enfin, last but not least, j’avoue ne pas parfaitement saisir le distinguo du cloisonnement que certains proctologues de drosophiles introduisent en défendant une charité indoor et une fraternité outdoor, le règne de l’amour dans les maisons et celui de la fraternité dans les rues et les entreprises. J’avoue ne pas passer de sas en sortant de chez moi, et, même s’il m’arrive rarement de voyager avec ma bulle -écouteurs et iPhone-, je ne me dédouble pas, je ne me divise pas, je ne me diabolos pas, je reste le même uni, regaillardi par la Résurrection d’un Juif en l’an 33, maintenant la foi du Christ au cœur, et l’annonçant dans la grande liberté de l’Esprit, à temps et à contre-temps, que l’amour reste le plus fort, que l’amour is ze only way out. Et d’expérience, cette libération qu’apporte l’amour inconditionnel et total du Christ me rend l’humilité facile et forte à la fois, et obligatoire le partage de ce bonheur immense.

- Bref, fraternité oui, mais la vraie vérité derrière les cloisons amovibles du nuage de fumées merdiatique moderne, c’est la charité, man ! Haut les coeurs !

Pour conclure en toute discrétion, je reprendrais les propos d’un sacré gars, un indépendantiste des systèmes comme on en a peu vu, un lourd, un sérieux, qui disait :

J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.

J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.

L’amour prend patience ;

l’amour rend service ;

l’amour ne jalouse pas ;

il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;

il ne fait rien de malhonnête ;

il ne cherche pas son intérêt ;

il ne s’emporte pas ;

il n’entretient pas de rancune ;

il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

L’amour ne passera jamais.

Comme saint Paul n’avait pas vécu au XXIème siècle, je rajoute : « La fraternité passera, la charité ne passera jamais« .

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