05182013Headline:

Auscultation clinique des discours de paix civile et du « vivre ensemble »

Aux lendemains des tueries faisant ressembler la France au pays décrit dans « Shorts Cuts » d’Altmann : au bord de l’exapération, la tragédie, le délire borderline et la guerre civile à peine larvée, il est temps de sortir le sthétoscope et d’ausculter les discours du vivre-ensemble et procéder au bilan de santé de la France en émoi et en pleine reconstitution « après-coup ». Evaluons-en ensemble la valeur en termes de santé, de promesses de vie, et de prophylaxie; nous proposerons enfin un traitement quelque peu douloureux mais de fond.

Deux discours aujourd’hui se proposent de maintenir en France la paix civile menacée :

le discours « pas d’amalgame, pas de stigmatisation », discours partant, semble-t-il, d’un bon sentiment pour ne pas rendre responsables collectivement les populations immigrées et allogènes des exactions commises par l’un de ses membres ou de ceux qui s’en réclament. Ce discours tenu en permanence , purement incantatoire en fin de compte, nourrit ce qu’il propose d’éviter. D’un côté, il désarme complètement les populations, rendues du coup incapables de discerner un tueur d’un  » jeune à problèmes  » des Cités. L’incognito est assuré ; et on aboutit à cet effroyable paradoxe que les terroristes deviennent indiscernables , indétectables, comme  » des poissons dans l’eau « , donc comme des militants révolutionnaires dans un peuple dont ils auraient épousé la cause, au sein de populations qu’ils cherchent, non à libérer, mais à terroriser , y compris en procédant au massacre de leurs enfants dans la cour d’une Ecole.

Autre renversement significatif : en vingt ans les « grands-frères » mandatés pour « raisonner » et donner l’exemple aux enfants perdus des banlieues sont, en toutes apparence, les brandons de l’émeute qui couve (Où sont les parents ? En l’espèce celui qui a mère, et frère, est dépourvu de père pour introduire un peu de grammaire sociale et humaine). Et pendant ce temps-là, la circulation de plusieurs millions d’armes continue dans les banlieues, selon le chiffre donné ces jours par le Syndicat des Armuriers, armes venues de Syrie, de Libye , et d’Afrique : Bravo Schengen, quelle réussite, quel confort de passer les frontières sans avoir à présenter de pièces d’identité !!

Mais de l’autre côté, l’angélisme, la culture de l’excuse, le laxisme insensé entretiennent la confusion et aboutissent à des situations d’une extrême violence. Ainsi l’ineffable avocat du tueur, quinze fois condamné sans émouvoir quiconque (la moyenne serait autour de quarante condamnations en récidive pour être considéré comme dangereux), regrettait au moment de l’assaut final et après sept meurtres sauvages de son client qu’on n’ait pas continué le dialogue mais dans des conditions de moindre pression psychologique »…. Et aussi bien, après tant d’abandons, de laxisme, de laisser-aller et de « je m’en foutisme », pendant si longtemps, on met en place subitement des unités d’intervention et on quadrille une ville, un quartier, comme en temps de guérilla urbaine. Cherchez l’erreur. Ce discours est ainsi doublement mortel.

L’autre discours, complémentaire du premier, est celui de « l’insurrection civique » qui vise à électoraliser les causes et les germes mettant en péril la paix civile en France. C’est le discours-mélenchon. Sa réussite vient précisément d’un amalgame, d’un calcul et d’une obsession.

Amalgame entre deux mythes fondateurs, celui de la Révolution française et du mythe rénové de la Résistance communisée (le parti des fusillés), en faisant oublié l’Union soviétique au passage, et dans le langage petit-bourgeois de  » l’indignez-vous  » moral, posture de  » rebelles snobs et showbizés  » qui dispense de toute analyse et de tout engagement réel. Un calcul aussi : celui d’une course de vitesse : en prônant l’immigration et la régularisation massives, en bradant la nationalité française à l’encan et au moins disant, il compte pouvoir étouffer par le nombre toute revendication des Français de coeur, de moeurs et de tradition. Et cela pour nourrir une obsession, la haine du catholicisme qu’il fait éclater en chaque rencontre, et dernièrement à la Bastille où la première mesure à prendre d’un gouvernement de ses rêves serait l’abolition du statut concordataire d’Alsace-Moselle. La paix civile par l’anéantissement ou la mise sous surveillance d’un des deux partis : le nôtre, celui de la France. Un Robespierre qui met la Patrie en danger, et qui aurait les accents d’un bouffon solennel.

Alors ? C’est grave, docteur ?

Que chacun commence par se poser la question : « pourquoi en suis-je réduit à çà ? », je veux dire à éviter la guerre civile ! Pourquoi a-t-on pris le risque de mettre le pays dans une situation pareille, et comme on aime à dire en France : « Comment en est-on arrivé là ? » on a déjà proposé une analyse (cf. le recul et le sursaut, sur Itinerarium), aujourd’hui prescrivons un remède, si l’auguste patient juge utile d’être en meilleure santé.

« Pas d’amalgame, pas de stigmatisation » est le procédé coutumier d’une récupération culturelle (l’idéologie du multiculturalisme ) et d’une exclusion réelle ( les ghettos, l’apartheid de facto, la table séparée). Le meilleur moyen du « vivre-ensemble » n’est pas la production d’un discours culpabilisant et exonérant tout le monde des efforts nécessaires, non, c’est encore de VIVRE et de le faire ensemble, c’est-à-dire dans la discussion, la lutte de l’un avec l’autre, l’explication et la mise en question, c’est-à-dire dans la vérité, et si possible la charité, sur l’horizon commun de l’amour de la France.

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4 Responses to "Auscultation clinique des discours de paix civile et du « vivre ensemble »"

  1. gaetan ribault dit :

    L’analyse est bonne

    la solution l’est beaucoup moins !

    Comment vivre ENSEMBLE sur l’horizon commun de l’amour de la France avec des gens qui haïssent la France et ses valeurs.

    J’ai l’impression que l’on tourne en rond

  2. Daniel Depaix dit :

    Comment ? En vivant ensemble, càd en discutant ouvertement, en posant des questions, en remettant en question, en luttant l’un avec l’autre loyalement, bref en donnant une chance à la paix civile ( puisqu’on en est venu, réduit là ! éviter la guerre civile )
    En tout cas le discours « pas d’amalgame, pas de stigmatisation  » ne parvient pas à maintenir la tranquillité publique, désarme les Français en ne les alerte pas sur les dangers qui les menacent, et entretient les malfaisants dans le confort de l’impunité, au moins possible, en tout cas garantie longtemps, jusqu’à intervention du Raid…
    Est-ce une bonne manière de gouverner ?
    Pour être plus précis, je pense à des modalités concrètes pour crever l’abcès, et voir si cette paix civile peut s’établir sur de nouvelles bases.

  3. Vivien Hoch dit :

    Je rejoins Gaetan sur le point qu’il est impossible de vivre-ensemble avec des gens qui vivent de leur haine de soi. En ce sens, l’analyse de Daniel Depaix le montre bien.

    Ensuite, quelles modalités concrètes ? C’est la qestion. Dans quel programme présidentiel en trouve-t-on quelques touches ? Quelles mesures faut-il prendre dans le pénal, l’éducatif, etc. ? Voilà des questions concrètes. Nous attendons une 3ème partie !

  4. Daniel Depaix dit :

    Elle s’élabore peu à peu, cette réponse ; et, toujours sous le coup du mélenchonisme dont il faut rapidement dégonfler la bauderuche, et freiner la résistible ascension, ou plutôt faire éclater le  » je crois parce que c’est absurde » des mélenchonistes, pour en faire une simple position d’attente en transition vers le vote national ( mais je travaille aussi au dossier , et surtout ….nous allons entrer en Semaine Sainte….et de pieuses tâches nous attendent tous )

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