05192013Headline:

Assemblée plénière des Evêques de France : la charité réclame de la clarté

Chronique

Bon ! Voilà la ballade à Lourdes bi-annuelle qui redémarre pour nos évêques (L’Assemblée plénière de printemps des évêques de France  se déroule à Lourdes du 26 au 29 mars 2012). Voilà la machine à looser qui repart comme en 40, l’orchestre à pipeau qui rejoue la sérénade…

A force de se mettre au goût du jour, le Cardinal Vingt-Trois a relancé le grand brassage éolien. Dans son discours d’ouverture, s’il a, contrairement au mois de novembre, mentionné le Christ, ce n’est que pour insister sur la nécessaire charité, des œuvres et de la politique. Sans oublier non plus les péripéties policières, comme si le pourpre avait une obligation de reporter BFM version fifties.

Bien évidemment, on ne va pas jouer une partition contra-caritas, qui est première. Mais à force d’insister sur les oeuvres, on peut être en droit de penser que la vérité pourrait bien se cacher. Qu’à force de bêler « aimez-vous », on en oublie « comme je vous ai aimé ».

Car je ne crois pas un instant que notre société meure d’inaction charitable. Au contraire : elle en dégueule. C’en est même devenu le business des amuses-cours, des artistes en panne, des politicards en quête de voix, des curés solitaires et des paroisses désertées. Mais notre société manque cruellement de l’alignement intérieur de ces actes ronflants avec l’intime. Nous crevons du mensonge entre l’apparence peinte et l’intime tortueux. Du grand écart mortifère entre les enfants-show du téléthon et le charcutage utérin. Le mensonge entre le développement durable et social et la réalité des open-spaces.

Ainsi, j’aimerais croire, contrairement à ce que semble croire le monssignore, que ce ne sont pas aux politiques de   « s’exprimer par rapport aux préoccupations que nous avons énoncées« , mais aux catholiques de dire clairement la vérité, en toute charité. Le changement c’est maintenant, monseigneur : aux cathos de dire vrai, en toute charité (twice never too much), non pas promouvoir un chef-d’oeuvre inoubliable de faux-cul à la limite du nonsense. Avoir un courage américain, des prières devant les avortoirs et des Niet sonores aux projets gouvernementaux (quels qu’ils soient). Dire clairement que le PS porte plus de risques pour la vie et l’éducation des consciences que l’UMP, nonobstant les distinctions remises par le susnommé cardinal à Jacques Delors, bien connu pour sa vie religieuse et son grand courage politique.

Mais non, dans le grand mou contemporain écclésial, l’Eglise de France pousse au vote pour « défendre ce qui est sacré »…

J’avoue rester perplexe…

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